Faux-vrai polar…

•23/02/2013 • 3 commentaires

Nouveau roman d’Yves Ravey, Un notaire peu ordinaire s’inscrit définitivement dans la droite ligne de ce que l’on serait tenté d’appeler les contraintes d’écriture et thématiques que l’auteur paraît s’être imposées.

un-notaire-peu-ordinaire-d-yves-raveyUne petite ville de province banale, étriquée jusque dans sa topologie, figée dans des rapports sociaux hérités d’une France d’avant, si l’on peut dire.

C’est là que le narrateur -futur étudiant- vit avec sa mère, Martha Rabernak, et sa soeur cadette Clémence. Ce trio vit depuis la mort du père de façon modeste: le jeune homme travaille la nuit, la mère est agent d’entretien au collège. Quant à Clémence, elle se prépare aux épreuves du bac.

Un soir, Freddy, le cousin de Martha, vient sonner à la porte de la famille. Cela fait quinze ans qu’on ne l’a pas revu, que Martha elle-même fait tout pour effacer jusqu’au souvenir de ce membre pourri de la branche familiale. En effet, Freddy ne revient pas d’un voyage vers un Eldorado improbable: Il vient d’être libéré sous condition. Il avait pourtant assassiné Sonia, une petite fille de l’âge de Clémence. Un crime atroce, ignoble, qui rend d’autant plus incompréhensible pour beaucoup le fait qu’on ait relâché ce monstre.

Martha entend éloigner celui qu’elle perçoit comme une menace pour sa famille, à commencer pour Clémence évidemment. Ne ménageant pas ses efforts pour trouver un moyen de se débarrasser du loup dans la bergerie, la mère-courage doit se rendre à l’évidence: Freddy a le droit d’aller et venir comme bon lui semble. Tout le monde le lui affirme: des policiers à l’éducateur. Même Maître Montussaint, le notaire de la ville qui s’est montré bon avec elle lors du décès de son mari, intercédant afin qu’elle obtienne ce poste au collège, ne peut rien faire.

De toute façon, Martha est vigilante, dure, intransigeante quand elle sent les siens menacés, allant même jusqu’à harceler une Clémence à la sexualité qui s’éveille, aux velléités d’émancipation certes maladroites mais toutes naturelles. Face à cette adolescente revêche, faussement ingénue, inconsciente au point de, aux yeux de sa mère en tout cas, exposer sa peau juvénile et fragile aux premiers rayons du soleil au bord de la rivière où les jeunes gens viennent goûter aux joies de la baignade, ses efforts paraissent vains. Qu’importe: Martha peut compter sur la bienveillance de Maître Montussaint et de Paul, le fils de ce dernier, qui se trouve être le petit ami de Clémence…

 

Un sentiment se vérifie un nouvelle fois lorsque le lecteur ouvre un roman d’Yves Ravey. Sous un aspect anodin, brut, neutre jusqu’à une écriture minimaliste à l’extrême, l’auteur franc-comtois sème les graines d’un drame qui germera doucement, tranquillement mais sûrement. Effectivement, on est persuadé que de la fausse banalité du décor, de la trivialité de certains personnages ou leur respectabilité inhérente à leur fonction, va surgir une réalité toute autre.

De leurs occupations à leurs attitudes, chacun occupe sa place: Martha se détend au jardin, cueillant des baies; Freddy passe son temps libre à pêcher en compagnie d’un chien perdu, un peu comme lui, qu’il a recueilli; les jeunes gens ont des préoccupations de leur âge. Le notaire préside la société de chasse dont le mari défunt était membre. Preuve, s’il en fallait une, que Maître Montussaint assure la continuité, la permanence et la stabilité de cette communauté provinciale: Madame Rabernak lui a confié le fusil de son mari, comme on confierait un sceptre à un monarque.

En outre, les différents parti-pris littéraires d’Yves Ravey ajoutent à cette stratégie s’apparentant à un jeu de cache-cache. Le narrateur n’est jamais nommé, n’est pas au coeur de l’action, se contente de rapporter les éléments de l’intrigue comme un témoin qui se souviendrait d’une tragédie ancienne. De plus, les paroles rapportées au discours indirect libre permettent souvent d’instiller une ambiguïté: Ont-elles été prononcées? Sont-elles les interprétations d’un narrateur absent au moment des faits?

Ravey refuse les introspections, les analyses précises de la psychologie des personnages qu’il crée, les laissant à leurs actes ou leurs paroles qui suffisent amplement à les définir. C’est donc au lecteur, jamais méprisé par l’auteur, de reconstruire les affects des uns et des autres, à relier les ellipses, narratives ou lexicales, ou à combler les blancs pour comprendre les tenants et les aboutissants de l’ensemble. Ainsi, on saisit la fonction des éléments du décor comme des objets –le Jolly Cafe, la station-service, la maison du notaire, le jardin, la salle de classe, le fusil, la station hydroélectrique,…– évoqués brièvement ou à plusieurs reprises.

 

Pour finir, on ne peut s’empêcher de voir poindre sous le fait divers, en filigrane, une approche fine des rapports de classe-on osera « lutte des classes »– faisant penser à Simenon ou à Chabrol. On ne citera, car on est bien long, que ces paroles évasives du notaire suggérant que son aide précédente vaut bien quelques silences…

Un tel roman mérite qu’on s’y attarde, que l’on délaisse certains ouvrages étiquetés « polar » et qui en sont bien moins que ce véritable roman noir qui n’en a pas le label.

 

Un notaire peu ordinaire d’Yves Ravey, Les Editions de Minuit (2012), 112 pages

 

 

Retour en Géorgie…

•17/01/2013 • Laisser un commentaire

evidenceofbloodJackson Kinley rentre chez lui, là où il a grandi. Après avoir enterré peu de temps auparavant la grand-mère, protectrice jusqu’à l’étouffement, qui l’a élevé, c’est maintenant Ray, son meilleur ami et ancien shérif, qui vient de mourir d’un infarctus. Du moins officiellement car Serena, la fille de ce dernier, est persuadée que quelque chose d’anormal plane autour de la mort de Ray. Pour elle, on aura voulu le faire taire, l’empêcher de remuer une vieille histoire sur laquelle, de manière indépendante, il avait décidé de se pencher.

Kinley, écrivain à succès spécialisé dans les romans ayant pour toile de fond des affaires particulièrement horribles et vraies, va se servir de son expérience et, surtout, de sa connaissance des criminels et de leur psychologie pour comprendre ce qu’il en est.

Il fera d’abord la connaissance de Dora Overton, fille d’un homme exécuté alors qu’elle n’était qu’une enfant pour le meurtre de la jeune Ellie Dinker. Car c’est bien sur ce cas vieux d’une trentaine d’années que Ray enquêtait, mu par le désir de satisfaire une Dora, son amante, persuadée de l’innocence de son père.

Jack va rencontrer, ou plutôt revoir, tous les notables qu’il a pu côtoyer plus jeune, interroger les différents acteurs plus ou moins concernés par la mort de la jeune Dinker et, évidemment, se pencher très minutieusement sur la personnalité de Charles Overton.

Cook signe ici un roman de facture classique; pour lui, en tout cas. En effet, si on retrouve les grands thèmes chers à l’auteur, comme la quête de l’identité, la filiation et la transmission des caractères d’une génération à l’autre, par exemple, on a affaire ici à une narration qui, si elle est bien à la troisième personne, se focalise totalement sur la figure de Jackson Kinley. Classicisme chez un Cook donc qui choisit toujours, sauf très rares exceptions, une figure centrale autour de laquelle gravitent une histoire, des non-dits, des secrets qui le concernent peu ou prou.

Sur ce point, le lecteur comprend vite qu’il s’agit d’une quête également intime que Kinley entame lors de ce littéral retour aux origines.

Homme mûr qui socialement a réussi et atteint une notoriété indéniable, il en est de lui comme du héros des Ombres du passé: sa vie personnelle est totalement vide et terne.

Du moins jusqu’à l’arrivée de Dora au charme de laquelle il succombera lui aussi. De là à voir ici une sorte de fusion avec Ray, véritable frère de coeur, compagnon-guide d’une jeunesse refoulée au plus profond d’un inconscient que l’on devine tourmenté.

Quête d’identité et de vérité, l’une des forces de La preuve de sang est de proposer, à côté de l’enquête minutieuse tendant à réhabiliter la mémoire d’ un homme condamné d’avance, le voyage douloureux et nécessaire de Jackson vers ce qu’il est vraiment. Quitte à en souffrir…

En outre, afin d’éviter tout deus ex-machina, le romancier adopte des parti-pris comme la relation des minutes d’un procès –Interrogatoire retranscrivait celles des enquêtes des policiers chargés de la résolution de crime– ou encore l’appel direct à des témoins ou acteurs de l’époque- Les ombres du passé, encore une fois, en donnant quelques exemples.

La maîtrise de l’intrigue, comme des changements de rythme ou de modes narratifs, permet à l’auteur de combler les quelques défauts qui parfois peuvent poindre dans certains de ses romans. En effet, on ne peut s’empêcher ici de penser, à certains rares moments heureusement, que les révélations sont trop « faciles », que la chute que l’on pressentait comme terrible soit, pour une fois, un peu précipitée ou expédiée trop promptement.

Mais qu’importe: Cook demeure l’un des auteurs les plus fins et brillants, creusant roman après roman un sillon original d’où il entend faire éclore une oeuvre prenante et éminemment passionnante.

lapreuvedesangLa preuve de sang (The evidence of blood, 1991) de Thomas H.Cook (trad. Gaëtane Lambrigot, revue par Béatrice Durupt), Folio Policier (2012), 468 pages

En bref…

•16/01/2013 • Laisser un commentaire

Pas foncièrement fanatique des concours et autres activités sélectives, je relaie cependant cette infos car on m’a sollicité de manière très sympathique.
Si le coeur vous en dit, vous pouvez participer

tnCONCOURS DE NOUVELLES POLICIERES

Gratuit et ouvert à tous

2 catégories : Jeunes (0-15 ans) et Adultes (16 ans et plus)

Date limite de remise des nouvelles : samedi 16 mars à 18h

A gagner : la publication de son texte et des bons d’achat à la librairie Bain d’Encre

Règlement du concours à téléchargerainsi que l’autorisation parentale pour les mineurs surwww.labibliothequeduchesnay.fr.

Concours organisé par la bibliothèque du Chesnay dans le cadre de sa programmation autour du genre policier avec notamment une exposition, une table ronde, des ateliers d’écriture, une murder party

La bibliothèque du Chesnay

37 rue Caruel de St Martin

78150 Le Chesnay

01 39 23 23 87

bibliotheque@lechesnay.fr

www.labibliothequeduchesnay.fr

Monde clos…

•23/12/2012 • Laisser un commentaire

Plongée en apnée dans l’univers carcéral avec Fleury-Mérogis 91700 – « le plus grand centre pénitentiaire d’Europe » comme le précise à juste titre la quatrième- de Franck Chevillard.

fleurymérogisEt c’est en compagnie de trois figures principales que cette descente dans les abysses du monde pénitentiaire va se dérouler.

On rencontre donc d’abord Jean Anbrogioni, 56 ans dont la majorité au trou, ancien condamné à mort « sauvé » par l’abolition. Il a trempé dans la délinquance depuis pratiquement toujours, gravissant un à un les marches qui allaient le mener au grand banditisme et à Mesrine. Il partage, alors qu’il vient d’arriver à Fleury, sa cellule avec Dragomir, un Yougoslave dont il ne veut rein savoir.

Puis, c’est au tour de Boubacar d’entrer en scène. Pur produit des banlieues, il a tâté des centres de détention pour mineurs mais, cette fois-ci, de par son âge, c’est en maison d’arrêt qu’il atterrit suite à un petit casse minable totalement avorté de par l’incompétence crasse des instigateurs.

Enfin, et ce n’est que le dernier sur la liste d’apparition pas d’importance, Ahmad l’Afghan. Education occidentale via le Lycée Français de Kaboul, un point commun avec Massoud. Le seul puisque notre homme a oeuvré pour le pouvoir taliban en place dans ces années 2000. Partie prenante du pouvoir, certes, mais également mu par la recherche de l’assouvissement de besoins tout personnels, Ahmad s’est retrouvé à Fleury pour trafic d’oeuvres d’art, profitant de sa position privilégiée au sein du système des malades au pouvoir dans son pays.

Tout un monde gravite autour de ces trois personnages: Des délinquants qui se regroupent par affinités ethniques ou religieuses, des médecins qui écoutent autant qu’ils soignent, des travailleurs sociaux qui n’ont guère d’illusions, des familles qui essaient, à l’image de la soeur de Bouba, de faire de leur mieux pour leurs membres incarcérés.

Et de l’incompréhension, des incompatibilités radicales entre des individus obligés de cohabiter, de partager, malgré eux, une intimité que la prison interdit de fait…

 

Chevillard, qui connaît bien le milieu carcéral pour y avoir travaillé, parvient à nous faire partager la diversité de ce peuple enfermé; un peuple qui n’a que cette réclusion en commun, les luttes et affrontements, souvent jusqu’à la mort, occupant la majeure partie de son temps.

Pas de discours lénifiant, pas d’apitoiement mièvre de la part de l’auteur. Ses personnages sont ce qu’ils sont et, si l’émotion peut transparaître sous sa plume – notamment lors des réminiscences d’un Ambro rongé par la maladie-, il ne s’agit pas de les plaindre ni de les blâmer. C’est bien plutôt vers le réalisme froid –la vérité, serait-on tenté de dire– que Chevillard oriente une écriture resserrée à l’extrême.

Ainsi, l’ensemble se lit rapidement, quasiment d’une traite et on regrettera que la chose n’aille pas plus loin, qu’à une fresque plus fouillée et détaillée l’auteur ait préféré une succession d’instantanés qu’il ajoute dans un album néanmoins des plus cohérents.

Il y a bien quelques respirations ici ou là, des passerelles, des lueurs, non d’espoir, mais d’humanité simple. Bien trop peu pour espérer, pour croire à une sortie de ce cauchemar.

Evidemment, personne ne sortira indemne de ce marasme. Tous essaieront de se faire une place, toute relative et provisoire, dans cet univers désolé. Et les mieux armés, a priori, ne seront pas ceux qui s’en sortiront le mieux…

ps: Merci à Pierre et à la Manufacture pour l’envoi de ce roman.

Fleury-Mérogis 91700 de Franck Chevillard, La Manufacture de Livres (2012), 203 pages

A venir…

•06/12/2012 • Laisser un commentaire

C’est presque fait, écrit, satisfaisant à mes yeux et, surtout, éclectique.

Une réédition du pratiquement incontournable Thomas H.Cook. Parmi les romans récemment ressortis, on parlera donc de La preuve de sang. Et toujours cette atmosphère propre à l’auteur américain…

Par mi les nouveautés, ou presque, on ne peut passer sous silence Le Démon de Ken Bruen, opus qui semble marquer une nouvelle voie tant au niveau stylistique que générique. Je ne suis pas totalement convaincu mais j’y reviendrai en détails. Evidemment…

Ceci dit, on commencera par le Fleury-Mérogis 91700 de Franck Chevillard qui renoue avec le polar « entre les murs », si on peut se permettre cette catégorisation barbare.

Et puis d’autres idées, d’autres bouquins, des baudruches et des choses étonnantes…

Les Belles et le Loup…

•18/11/2012 • Laisser un commentaire

Gunnar Staalesen construit, depuis plus d’une trentaine d’années maintenant, une oeuvre policière qui, comme toutes les bonnes séries à personnage récurrent, ne se contente pas de nous fournir régulièrement la n-ième aventure du détective solitaire et dressé « contre l’horreur du monde ».

Varg Veum, le dit-détective créé par le Norvégien, se voit confier une mission par Berit Breheim, brillante avocate dans la force de la quarantaine: retrouver sa soeur Bodil ainsi que Fernando, l’époux de cette dernière, qui semblent s’être volatilisés depuis quelques jours. Peu inquiet quant à l’issue de sa mission au début, Varg va cependant être intrigué par de nombreux éléments liés au passé des deux soeurs mais aussi par ce qu’il va apprendre de l’entreprise d’armateurs pour laquelle Fernando, brillant architecte espagnol bien intégré à la société norvégienne, travaille.

Plus étrange encore: les deux soeurs ont perdu très jeunes leur mère, qui s’est suicidée en compagnie de son amant Johan Hagenes, brillant musicien de jazz de la scène bergenoise. Une mort romantique –dans l’acception macabre du terme– qui a marqué de manière indélébile les soeurs ainsi que l’ensemble de la famille, à commencer par leur père.

Cela pourrait relever de la blessure d’un passé tragique, de la fêlure d’une enfance qui avait tout pour être joyeuse grâce à l’aisance financière et matérielle prodiguée par le père si ce même passé ne s’invitait pas dans le présent sous la forme d’un lien entre Bodil et Hallvard Hagenes, le neveu de l’amant, musicien de jazz comme lui. De là à soupçonner la répétition, trente-cinq ans après, d’un « suicide par amour », il n’y a qu’un pas que Berit n’hésite guère à franchir, contrairement à Veum, beaucoup plus circonspect vis-à-vis de cette hypothèse.

Considérant, comme à l’accoutumée, tous les recoupements possibles, prenant en compte les opinions des voisins, amis ou membres de la famille, recherchant dans les méandres du passé familial comme dans l’actualité des existences des « disparus », Veum va découvrir que si l’histoire ne repasse pas les plats, elle peut en resservir certains qui contiennent des ingrédients identiques.

 

Staalesen applique ici tous les grands principes qui fondent l’unité et l’originalité de la série en allégeant sa prose, notamment par une économie de moyens assez inhabituelle chez lui. Dans Comme dans un miroir, titre ô combien pertinent, s’il n’oublie pas de donner la parole à des personnages secondaires qui permettent d’éclairer l’intrigue principale d’une lumière souvent éclatante, s’il distille certains détails anodins à première vue qui vont se révéler essentiels, l’auteur norvégien s’affranchit des longues digressions descriptives qu’il affectionnait dans d’autres volumes. Cela maintient un rythme plus rapide, assure une unité de ton assez plaisante et permet de conserver l’intérêt d’un lecteur qui pourrait être dubitatif face à une prose que l’on apprécie personnellement mais dont on comprend qu’elle peut susciter l’ennui chez certains.

En effet, aux longs tableaux sur Bergen ouvrant traditionnellement les chapitres de ses romans, Staalesen va, ici, droit au but, se contentant de parsemer son propos de quelques instantanés de la cité portuaire.

Mais, et sur ce point aucune nouveauté, l’essentiel ne se joue pas là.

C’est bien plutôt dans cette faculté de brosser des personnages, de les laisser vivre et s’exprimer, d’évoquer leur solitude ou leur dignité, dans cette façon d’évoquer la complexité des relations familiales, dans cette rivalité qui semble poindre entre les êtres que Staalesen assure l’essentiel.

De même que dans cette capacité de parler de cette bourgeoisie norvégienne comme de certains points d’une actualité d’une société pas si propre que cela par le biais d’une intrigue secondaire et déjà étonnamment visionnaire pour un roman initialement dont l’action se passe au début des années 90…

Si ce volume n’est, à coup sûr, pas le plus fort ni le plus profond de la série, il n’en demeure pas moins très fréquentable.

 

Comme dans un miroir (Som i et speil, 2002) de Gunnar Staalesen (trad. Alexis Fouillet), Editions Gaïa (2012), 299 pages

Pour patienter…

•31/10/2012 • Laisser un commentaire

Avant de revenir vous parler du dernier Staalesen, en premier, et de tous les bouquins lus depuis des mois et qu’on n’ arrive pas à chroniquer, faute de mots, deux petites choses:

D’abord, on continuera à se faire rare car on ne fait pas la course à l’audimat et, que ce soit en bien ou en mal, on entend toujours parler sérieusement des romans lus. Alors, oui, ça fait baisser les fréquentations mais j’avoue m’en foutre royalement. On développera peut-être d’ailleurs tout ça…

Ensuite, jetez une oreille sur les Blindhorses, combo lillois qui lorgne du côté de Calexico ou des défunts Sixteen Horsepowers. On vous la fait courte en attendant mieux…

Ah oui, et aussi l’excellent Thierry Marignac dont parle Claude: article-thierry-marignac-des-chansons-pour-les-sirenes-111420946.html.

Je sais, je sais: tout cela sent le copinage à plein nez, mais on le revendique car on n’a pas honte de ses copains, ni de ses connaissances….