Du documentaire…

Tous les ans, de nombreux documentaires sont présentés dans les différentes séries de la compétition internationale à Clermont-Ferrand.

Généralement, ils sont d’une durée supérieure à la moyenne, comme si les réalisateurs visaient à l’exhaustivité. Ceci dit, même si ce genre n’est pas celui que je privilégie durant la semaine, il m’est arrivé d’en voir de très bons, voire de superbes.

Cette année, et si je me réfère aux films que j’ai vus, il semble que la compétition propose des films qui, s’ils ne sont pas forcément originaux de par leur sujet, affichent des parti-pris formels forts.

Ainsi, Rhoma acans (Des yeux de gitane) de la Portugaise Leonor Teles, sous prétexte d’une quête d’identité de la part de la réalisatrice, nous donne à voir des scènes du quotidien des Gitans portugais, captés par de longues séquences en plan large ou rapprochés, illustrées par la voix off d’une des jeunes filles de la communauté qui évoque ses envies, ses désirs, son passé, son avenir.

hooligansI love hooligans du Néerlandais Jan-Dirk Bouw donne la parole à un de ces desperados qui explique son « engagement » dans ces groupes d’ultras. Rien de bien nouveau sauf que le réalisateur a choisi l’animation façon ligne claire, ou presque, pour porter les mots d’ un héros qui, en outre, doit cacher sa véritable nature : il est homosexuel. Graphisme réaliste et virulent au service d’un sujet qui, finalement, se révèle être bien plus dérangeant que prévu.

web_ghost_trainC’est assurément Ghost train des Australiens James Fleming et Kelly Hucker qui décroche la palme de l’originalité. Un vieil homme, dont les interventions en forme d’interviews-confessions sont filmées en très gros-plan, nous raconte le crépuscule de sa vie. Entièrement perdu depuis la maladie de son épouse qui a sombré dans une forme de sénilité -dont nous ne connaîtrons pas la nature-, il est parvenu à trouver refuge, et par là-même à rallumer une forme de flamme vitale au fond de lui, au Dracula, un restaurant-cabaret. Une forme d’amour et de réconfort se noue entre une des vedettes de l’établissement et le vieillard. Rien de sordide, pas de pathos, juste la parole d’un homme finalement apaisé, attendant sereinement la fin -ou plutôt les fins ; celle de sa femme comme la sienne. Une parole illustrée par des séquences au grain de super 8 noir et blanc qui alternent avec les seules images en couleurs : celles de l’hôpital mettant en leur centre l’épouse réduite au silence. Un film émouvant…

http://www.filmfonds.nl/nieuws/artikel/i-love-hooligans

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~ par cynic63 sur 03/02/2014.

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