Retour perdant…

Pour un papier de reprise, le rythme étant perdu, je vais faire court et direct aujourd’hui…

 

Belle et remarquable initiative d’avoir retraduit Hammett et d’en ressortir les principaux romans. Aujourd’hui, on évoquera non pas les grands romans du Dash’ mais cet Introuvable, roman excessivement mineur. Ce qui était vrai avant le demeure après sa lecture récente…

Charles est un ancien détective privé qui a abandonné la profession. Marié à Nora, il vit de ses rentes –enfin, surtout, grâce à celles de sa femme– et passe plutôt du bon temps. Vivant désormais en Californie, il revient à New York afin de célébrer les fêtes de cette fin d’année 1932.

C’est dans un des bars de cette ville qu’il est abordé par une jeune fille qui l’a reconnu. Dorothy Wynant, fille d’un des anciens clients de Nick, n’est pas très joyeuse: Clyde, son père qui a abandonné femme et enfants depuis longtemps, a disparu. Non seulement elle aimerait le retrouver mais, surtout, la secrétaire de celui-ci vient d’être assassinée.

Beaucoup soupçonnent Clyde, d’autant qu’il aurait eu une relation avec la dite-secrétaire.

Pressentant une histoire cousue de fil blanc, Nick va, tout en essayant de rester calme et distant par rapport à cet imbroglio produit par la jalousie, l’appât du gain ou la volonté de dissimuler pour mieux en croquer, tenter de percer à jour cette étrange affaire…

 

Si l’intrigue rappelle beaucoup ce que Hammett pouvait produire dans ses nouvelles –notamment celles consacrées à son détective du Continental Op-, on ne retrouve que très peu ce qui pouvait convaincre dans les romans majeurs de l’auteur. Bien sûr, il reste l’humour sarcastique, voire cynique, du personnage principal, cette sorte de mise à distance vis-à-vis des affres de l’existence, cette manière de ne rien prendre au sérieux, de se foutre un peu de tout.

Coups bas, affectifs entre autres, mensonges des plus profonds et ressentiments prenant leur source au coeur de l’institution familiale se multiplient dans un roman absolument dénué de ce « behaviorisme »; terme dont on use et abuse pour décrire l’oeuvre de Hammett. Surtout que bien souvent on aborde les choses d’un point de vue quasi-freudien: la relation de Dorothy et son père, le comportement d’un frère plutôt perturbé par des parents qui sont loin d’être des modèles de stabilité.

Beaucoup de bons mots, de personnages déjantés dans cet Introuvable. Pas une des figures de ce roman n’échappe au regard perçant et fin de Charles ou de sa femme. Même ce que l’on soupçonne très vite être une machination complexe apparaît relativement convaincant.

Mais, et c’est là que le bât blesse, c’est souvent plat, mal fichu au niveau du rythme du récit et le lecteur est tenté d’adopter l’attitude de Charles: s’en moquer.

D’ailleurs, on serait même tenter de penser que Dash’ lui-même s’est un peu laissé aller, n’a pas retrouvé cette concision qui faisait pourtant sa force, aurait presque bâclé le travail au niveau de son écriture.

A réserver aux fans avertis qui veulent vraiment effectuer un tour proprement exhaustif de l’oeuvre de cet écrivain fondateur…

Si quelqu’un a vu le très vieux film qui en a été tiré, je suis preneur de vos avis…

ps: Merci aux éditions Folio pour l’envoi de ce roman.

 

L’introuvable (The thin man, 1934) de Dashiell Hammett (trad. Natalie Beunat et Pierre Bondil), Folio policier (2012), 281 pages

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~ par cynic63 sur 25/05/2012.

4 Réponses to “Retour perdant…”

  1. Bonjour Cynic
    Content de te retrouver ne pleine forme
    Et entre nous, Dash n’est pas mon auteur de prédilection. Je préfère des romanciers comme Ed McBain, Bruno Fisher, Don Tracy, Bill Pronzini, et bien d’autres de cette mouvance. Au risque de choquer certains, mais j’assume.
    Amicalement

    • Salut Claude,
      En général, j’aime bien Hammett. C’est peut-être pour ça que j’ai été extrêmement déçu par ce volume (du point de vue de l’écriture essentiellement).
      Mon long silence n’était pas dû à une baisse de forme. J’avais tout simplement la tête ailleurs et des tas de choses à régler…
      Amicalement

      • Oui effectivement, tu as la tête un peu ailleurs. Ce n’était pas Claude mais Paul qui a changé de nom de blog
        C’est pas grave
        Amicalement

      • Oups: J’te dis qu’jai pu ma tête!!!
        Désolé!

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