Clermont 2012#3

« Un festival sans neige, ce n’est pas le festival » serait-on tenter de dire de manière bien facile et, avouons-le, cliché. C’est pourtant une réalité car, depuis 15 ans que je suis la manifestation, rares sont été les années où le climat a été plutôt clément.

Les visiteurs, français ou étrangers, découvrent ainsi les charmes de la capitale auvergnate, emmitouflés jusqu’ aux oreilles, soucieux de ne pas glisser sur les plaques de glace qui recouvrent les trottoirs de la ville et…surpris que les transports urbains, dont on nous avait dit avec moult publicité qu’ils seraient plus nombreux en cette période festivalière, ne circulent qu’avec une fréquence très…espacée…

Le festival, c’est aussi la recherche du film à voir, évidemment, mais surtout de la série à éviter. Pour ceux qui ne connaissent pas le Court de Clermont, tout est savamment programmé, classé, détaillé. Les films en compétition française sont rangés sous la catégorie « F », les internationaux en « I », les labos en « L ». C’est simple et efficace…

Seulement, celui qui veut suivre un maximum de la compétition officielle doit souvent faire un choix car, l’ensemble des trois ensembles cités- et je ne parle pas du « hors-compétition »- représente quand même 21 séances de 2 heures. Faites vos calculs vous-mêmes…

Aujourd’hui donc, petit florilège de sélection « à voir » et « à fuir »…

On a déjà parlé de I8. Mis à part l’hilarant Een bizarre samenloop van omstandigheden, le reste demeure très moyen, voire carrément mauvais selon nous. Je vous renvoie au papier précédent pour plus de détails…I5 serait à ranger dans le même panier. Quelques idées dans Jamgyr de la Kirghize Aygul Bakanova autour de cette jeune femme abandonnée par un mari parti travailler  à Moscou et qui vit désormais avec l’atrabilaire grand-mère de ce dernier, de la maîtrise mais une fâcheuse tendance à regarder du côté d’Hollywood pour le Sud-Africain Matthew Jankes et son Umkhungo qui s’inscrit définitivement du côté du film de genre. Le tout servi par une excellente interprétation des acteurs principaux, il est vrai. Le documentaire Agua fria du Portugais Pedro Neves présente une réflexion intéressante sur la tendance du peuple lusitanien à prier plutôt qu’à rêver. Mais bon…

Par contre, I6 ou I12 peuvent plus fédérer. Des animations excellentes comme a morning stroll du britannique Grant Orchard, Noise du Polonais Przemyslaw Adamski ou encore Dove sei, amor mio du Croate Veljko Popovic  par leurs qualités formelles, leur narration limpide –ce qui est rarement le cas pour ce genre de film-, leur originalité ou leur caractère surprenant peuvent séduire.

Au niveau des fictions, le Coréen Jun-Beum So et son Hello parvient, malgré ses 34 minutes, à aborder le thème de l’identité à travers l’histoire d’un jeune Allemand d’origine coréenne qui revient dans son pays natal pour retrouver sa mère biologique comme celui de la solitude qui est momentanément interrompue quand celui-ci fera la rencontre d’un vieux professeur à la retraite qui « jouera » son guide lors de ce voyage à la recherche des origines. Pas de pathos, pas d’effets appuyés pour une histoire simple, banale ou les silences sont éloquents.
Encore l’identité avec Gabi de la Porto-Ricaine Zoe Salicrup Junco. L’héroïne éponyme revient dans son village natale pour enterrer sa mère. Les rancoeurs, les conflits larvés, les non-dits entre cette femme libérée et ses soeurs plus traditionnelles ne vont pas tarder à polluer la veillée funèbre.

On reviendra parler d’autres films de ces programmes qui, eux, jouent sur l’humour décalé ou abattent la carte du genre…

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~ par cynic63 sur 03/02/2012.

2 Réponses to “Clermont 2012#3”

  1. Merci fidèle commentateur d’affronter le froid, le blizzard et la déficience des transports publics clermontois avec autant de panache.

    Dis-moi, 34 minutes pour le coréen, on est à la limite du court quand même ?

    vive le cinéma, vive Christophe Bender !

    • La durée, c’est l’éternelle question ici. A une époque, il y avait des films de 58 minutes!!! Disons que l’équipe fixe, il me semble, une durée maxi assez importante mais se montre aussi ouverte. Et je t’avoue que 34 minutes bien envoyées, c’est moins long que 15 minutes bavardes ou plates…
      Pour le « vive » moi, je vais finir par me prendre pour le Président Salengro si ça continue…

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