A Brou de souffle…

Avant de parler de lectures « noires sombres et profondes », un petit passage par le club de strip-tease Viandes et Légumes s’impose…

Galaad Corentin vient d’hériter de l’établissement en question suite à la mort violente et non-naturelle de son frère Arthur. Il laisse donc tomber son boulot dans le bâtiment, débarque dans la petite ville de Brou, Eure-et-Loir, bien décidé à se lancer dans une nouvelle vie. Conscient des difficultés qui peuvent se faire jour, il s’adjoint les services de Teddy, un barman parisien de ses connaissances, ainsi que deux gros bras que ce dernier va chaudement lui recommander. Seulement qui dit club de strip-tease dit strip-teaseuse et, avec le drame qui n’a pas uniquement emporté Arthur et la concurrence rude imposée par Demetrius Janus, une sorte de caïd local dont on devine très vite qu’il n’est pas uniquement doué pour les bons mots, les filles ont déserté l’endroit.

Qu’importe, Galaad tente sa chance par le biais d’une annonce et décroche trois perles rares qui vont venir ranimer les nuits de Brou.

Tout se présenterait sous les meilleurs auspices si un certain Moulin, ami proche d’un Janus avec qui il semble également en affaire, ne venait menacer Galaad: Arthur possédait une mallette qui leur appartenait et si son « héritier » ne la restitue pas, il lui faudra payer. Et régulièrement.

Ni impressionné par les menaces de ses douteux notables, ni par les intimidations, des forces de l’ordre ou du désordre, à l’image de cette bande de motards bien décidés à détruire son affaire, Galaad va s’accrocher d’autant qu’il est persuadé que Janus et Moulin sont liés au meurtre de son frère….

 

Dialogues souvent hilarants, scènes d’action survitaminées, enchaînements rapides des péripéties, Guillaume Gonzales nous délivre là un bon petit polar nerveux et, il faut bien le reconnaître, sacrément bien écrit.

La construction est pleine d’imagination, les personnages souvent typés sans tomber dans la franche caricature, les situations cocasses ou, à l’inverse, effrayantes ou poignantes. Pas forcément évident d’imprimer à un ensemble a priori disparate, une homogénéité tout à fait convaincante et, pourtant, l’auteur y est très largement parvenu.

En outre, si Galaad, personnage principal et narrateur de ce drame eurélien, peut toucher lorsqu’il recherche une forme de rachat à travers la relation qu’il va nouer avec Naïma, il peut aussi amuser, attirer la compassion ou, même, choquer par une intransigeance terrible dont il semble faire preuve vis-à-vis de son ex qui lui a préféré son patron d’alors.

Très à l’aise dans les épisodes que je qualifierais de « plus tendus », à l’image d’une séquestration subie par le héros ou de la découverte du contenu de la mallette tant convoitée, Gonzales ne force pas son écriture et ne la fait jamais basculer du côté de la complaisance malsaine face à l’horrible.

Souvent pertinent et particulièrement évocateur dans les pages consacrées aux cauchemars de Galaad, on pressent chez lui un potentiel intéressant. Voire peut-être plus…

Finalement, sans prétention ni ambition démesurée, l’auteur a réussi à nous emmener là où il le désirait. Au bout de son drôle de voyage sans encombre et avec plaisir.

ps: Merci à Kyklos Editions et à Holden pour l’envoi de ce roman

Viandes et légumes de Guillaume Gonzales, Kyklos éditions (2011), 271 pages

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~ par cynic63 sur 12/12/2011.

10 Réponses to “A Brou de souffle…”

  1. Cette maison d’éditions publie des ouvrages assez étonnants. On débute un roman avec un peu de scepticisme et on le termine dans le plaisir !!

  2. he he he
    sortez des chemiens balisés, yes ils m’ont bien eu , des sacraé romans

  3. Salut Cynic
    Je corrobore et j’acquiesce : un très bon moment de lecture.
    Amitiés.

  4. You’re not alone sauci jack…, voila je lis ce brouquin actuellement et je le trouve extraordinaire, les personnages se situe entre géniale et c’est d’la merde, on pourrait tout citer dans viandes et légumes, l’atomsphère, les lieux, les personnages et même les odeurs….d’une petite brougade de campagne et croyais moi je sais de quoi je parle. En fait je connais bien le coin, étudiant je fréquentais le café la banane électrique, ne cherchais pas ça n’existe plus. En tout cas c’est avec plaisir que je suit cette lecture et bien plus encore, beaucoup plus, allez stop les commentaires kids et place au boogie.
    C’est un livre fabuleux, fabuleux ce polar il est magique.

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