Fureur noire…

En ce premier jour de novembre, on donne la parole à Christophe Dupuis, de la librairie Entre 2 noirs. Il nous livre un petit compte-rendu sur la Fureur de Lire qui s’est tenue du 4 au 9 octobre à Genève.

A lire les impressions de Christophe, le moins que l’on puisse dire, c’est que c’était plus que passionnant. On aurait bien aimé assister à la conférence « Le polar, c’est rock ». D’ailleurs, on ne manquera pas de vous parler de Jesse Sublett très prochainement.

Mais pour l’instant, je vous invite à prendre connaissance du texte de Christophe que je remercie très chaleureusement ici…

Fureur de Lire

Fureur Noire

4-9 octobre, Genève

Rares sont les festivals qui donnent autant envie d’y aller, celui de Genève était particulièrement alléchant. Le résultat a été à hauteur de l’attente.

http://www.ville-ge.ch/culture/fureur/

Ce qui frappe lorsqu’on arrive au festival, c’est le lieu lui-même. Quelqu’un m’avait confié : “la salle à l’étage est particulièrement horrible, ce qu’ils en ont fait est excellent“. Je ne sais pas si la salle en elle-même était si moche que ça, mais le résultat est, effectivement, excellent : un beau travail artistique, une belle mise en scène, de bonnes reconstitutions… bref un lieu de rencontre unique où l’on pouvait écouter les rencontres face à la scène sur des bancs, ou de biais sur chaises, ou plus loin sur des petites tables ambiance bistrot (boire et écouter parler polar, belle alliance), ou carrément dans les fauteuils de coiffeur pour les plus heureux (jugez sur photos). Le coin librairie était tout aussi travaillé, à tel point que les étagères paraissaient naturelles alors que tout avait été construit pour l’occasion. Admirez le cercueil Folio, ça a de la gueule, non ?

Le rez-de-chaussée était consacré à une expo avec des originaux de de Loustal, Miles Hyman, Ferrandez, J. C. Claeys, Chauzy et Tardi… des vieux futuropolis dont quelques belles pièces. Un peu plus loin, Laurent Audoin présentait une exposition sur/et de son œuvre (croquis préparatoires, crayonnés, dessins originaux, pop up…) intégrant, jour après jour, les scénarios originaux de “Panique à Genève“, créés pour l’occasion par les classes participant au projet.

La cave était consacrée au bar “Le Crocodile mort“, bonne décoration, serveurs sympathiques, beau choix de bières et vin une petite restauration sur place qui ne vous donnait pas envie de sortir pour aller manger ailleurs. Les fins de soirées étaient animées.

Des rencontres sympathiques, dynamiques (“le polar c’est rock“, avec “le groupe“ de la Série Noire, comme l’a expliqué Aurélien Masson), de qualité, rien ne manquait à l’appel, avec à chaque fois quelques auteurs invités, qui signaient leurs livres après et baguenaudaient dans le salon durant leur séjour. A retenir donc la terrible “le polar c’est rock“ : Caryl Ferey, en forme, nous a entretenu de sa jeunesse, DOA a marqué par ses théories à rebrousse-poil qui font toujours autant réfléchir et – on le savait – Antoine Chainas nous a confirmé qu’une de ses plus grandes peurs était de parler en public. Auparavant Philippe Kerr et Volker Kutscher avaient débattu de “Nazisme et polar“ sur un ton léger et humoristique pouvant qu’on peut rire de tout mais ça dépend avec qui. Et plus tôt, les Islandais avaient précisé les spécificités de leur polar… et des tables rondes intéressantes comme celles-ci, il y en a eu toute la semaine.

Pour les adeptes de rencontres plus intimistes, on pouvait prendre des casse-croûtes avec un auteur le midi. Une excellente idée bien suivie par le public.

Le festival s’est terminé le samedi soir par une dernière table ronde évoquée un peu plus haut “Rock et polar“. Paul Ghidoni, un des organisateurs (vous ai-je vanté la sympathie et la gentillesse des organisateurs ?) est monté sur scène annonçant au public que

1/ le bar avait migré de la cave à l’étage et qu’il était à notre gauche

2/ Le célèbre combo genevois KMA allait monter sur scène dans un petit quart d’heure.

Dans ces cas-là, personne de sensé ne bouge (si ce n’est un peu à gauche vers le bar) et cela aurait été dommage de partir, une prestation rock excellente (il me manque le talent du maître du blog pour bien parler rock) avec des morceaux entrecoupés de lectures/déclamations de textes noirs, des projections en arrière plan sur deux écrans, une folie et une fureur du chanteur, le résultat était ex-plo-sif.

Le tout en buvant des bières…

A la fin du concert, dans une salle surchauffée, le guitariste a pris un ampli portable en sacoche et, suivi d’un de ses collègues au mégaphone est descendu de scène en continuant de jouer, a traversé le public en l’invitant à les suivre pour commencer la nuit blanche polar : 10 étapes artistiques tout au long de la nuit genevoise. Il fallait oser, le résultat (une guitare amplifiée à 2h du matin dans les rues de Genève) excellent, la nuit ne faisait que commencer !

Souvent en France on réfléchit à la pertinence des salons, à la lecture de celui-ci, il n’y avait pas de question à se poser : foncez !

Christophe Dupuis

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~ par cynic63 sur 01/11/2011.

Une Réponse to “Fureur noire…”

  1. j’attends le thème du salon du livre de genève… ce n’est pas à côté, mais bon, si le thème est « nordique », je fonce.
    là, je ne savais même pas que cela existait !

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