Lily en Avignon…

Nouvelle aventure de Lily Verdine, l’héroïne créée par Zolma, et direction le Sud pour ce Lily en eaux troubles.

Lily, détective privée installée à Paris, reçoit un appel de Cécile Vuillet. Cette dernière, jeune femme de 35 ans, domiciliée à Avignon, entend s’attacher les services de Lily afin qu’elle fasse la lumière sur la mort de son mari Thierry, un ingénieur chimiste brillant, persuadée que celui-ci, contrairement aux conclusions de l’enquête, ne s’est pas suicidé.

Si Lily admet volontiers, au départ, que Thierry n’avait aucune raison d’attenter à ses jours, elle ne possède aucun élément lui permettant d’abonder dans le sens de la jeune veuve.

Homme brillant, père modèle, associé à son ami Werner Ruiz avec lequel il avait créé le laboratoire de Recherches Labo & Cie, on apprend vite que Thierry n’était peut-être pas le mari idéal décrit par Cécile.

Lily creuse cependant l’affaire d’autant plus que gendarmes, Werner ou d’autres semblent trop persuadés par la version officielle. Elle fait donc appel à deux comparses, vieux copains de Paris, à qui elle demande de la rejoindre dans la cité des papes…

Bon polar rythmé, épousant les codes du genre – un cas, une enquêtrice typée et racée, des adjuvants hauts-en-couleur, des ramifications narratives nombreuses laissant apparaître des personnages secondaires émouvants ou détestables et des rebondissements à la pelle- Lily en eaux troubles est un roman guère original mais solide dans son déroulement.

L’intrigue de départ, trop polie pour être honnête, va laisser place à un développement inscrivant l’ensemble dans ce qu’on pourrait ranger sous le vocable « polar social à tendance écolo-responsable ».

L’écriture de Zolma ne manque ni d’humour, ni de verve, se déclinant agréablement autour du cynisme, du sarcasme, voire du romantisme très rose bonbon, lorsque Lily se rêve en femme au foyer rangée, séduite par un Werner qui constitue une sorte d’homme parfait à ses yeux. On reprochera à l’auteur une tendance, fâcheuse à nos yeux, à forcer sur un argot artificiel ou suranné à l’image d’un passage du genre: « Le grelot a insisté et m’a détournée du pageot. Il entendait m’envoyer marner contre mon gré tel un patron tyrannique. Gonflé, le téléphone ».

Si on passe sur ce genre de phrases, Zolma parvient à capter l’attention de son lecteur, tout d’abord, grâce à son personnage principal, sorte de dure au coeur de midinette, désabusée et lucide, ensuite, par une intrigue et un propos qui, sans verser dans la paranoïa complotiste, jette un coup de projecteur sur les questions de pollution, des responsabilités qui incombent aux dérégulateurs de tous poils dans la destruction des milieux de vie.

C’est donc à une lecture moins légère qu’il n’y paraît à laquelle on se retrouve convié ici.

Lily en eaux troubles de Zolma, Editions Jigal (2011), 208 pages

 

Merci à Jimmy et aux Editions Jigal pour l’envoi de ce roman…

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~ par cynic63 sur 16/10/2011.

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