Soirée amère…

Il y a des jours comme ça où on ne comprend plus rien. Les gens disent qu’il ne se passe pas grand chose dans notre ville, que les concerts ne sont plus ce qu’ils étaient, que l’on n’a droit qu’à des affiches très moyennes –quand il y en a-, que les grandes salles locales ne proposent que de la musique mainstream ou, pire, de l’horrible soupe commerciale.

Ce n’est pas totalement faux et on a tendance à être de cet avis.

Par contre, qu’on ne vienne pas trop se plaindre quand, effectivement, des soirées excellentes et éclectiques sont proposées et qu’on ne fait pas l’effort d’y montrer le bout de ses tiags ou autres pompes.

Avec le festival Pyromane de la semaine dernière, on ne peut décemment pas prétendre que rien ne pouvait plaire tant les trois soirées programmées ratissaient larges tout en conservant une logique générique propre à chacune d’elles.

Ne goûtant guère les affiches des jeudi et vendredi, de mon côté, je n’ai pas grand chose à redire sur celle du samedi. Et j’y ai, comme la totalité du trop rare public, trouvé matière à satisfaction.

Entre le set sonique et power-rock sous tension des Havrais d’Elektrocutionil y a vraiment quelque chose dans cette ville-, le balkano-surf tendance western spaghetti des locaux d’Araban qui progressent de plus en plus en durcissant leur propos, la performance des NMB Brass Band qui, désormais, accordent une grande place à des textes, en français, politiques et sociaux soutenus par une rythmique funk et soul, on était servis. Je reconnais avoir moins apprécié la dernière formation nommée, tout simplement parce que j’ai du mal avec le chant dans notre langue et avec les univers trop proches du slam, du rap ou des accents jazzy. J’admets, néanmoins, que NMB Brass Band évolue en division supérieure, que leur set est rôdé au millimètre, que ça s’enchaîne avec brio. Ce n’est tout simplement pas mon truc…

Par contre, et les absents vont s’en vouloir, comment décrire la prestation de James Leg, le leader des phénoménaux Black Diamond Heavies? Voix rauque et limée aux whisky, nappes de Fender Rhodes, Leg dynamite le blues, le faisant basculer définitivement du côté des ténèbres, l’éloignant des exercices scolaires et ennuyeux dans lesquels ce genre s’englue bien trop souvent. Ne retenant que l’essentiel de la musique du delta, James Leg en propose une lecture résolument moderne et vivante. Epaulé par un jeune batteur français totalement au diapason, le musicien étatsunien a hypnotisé la toute récente et magnifique salle beaumontoise du Tremplin. Comme quoi…

Leg est un artiste à suivre, à surveiller, à guetter. Un véritable styliste de la musique du Diable…

On pourra toujours arguer qu’il fallait se déplacer, que Beaumont n’est qu’une banlieue de Clermont et qu’une soirée où il faut surveiller son taux d’alcoolémie ne peut être qu’ennuyeuse au possible, il n’en reste pas moins que tous ces arguments sont tout de même un peu courts.

Outre le fait que les membres de Pyromane soient des copains, voire de très bons amis, on a un peu de mal à comprendre qu’une telle soirée n’ait affiché qu’une petite centaine d’entrées payantes dans une agglomération qu’on avait -quelle blague…- élue « capitale du rock » il y a quelques temps.

Il y a quand même de quoi décourager les plus optimistes et les plus motivés…

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~ par cynic63 sur 02/10/2011.

4 Réponses to “Soirée amère…”

  1. A la différence de toi, j’ai aimé NMB avec une nuance pour les textes qui plombait un peu le côté festif de ce groupe.Pour le reste, j’ai tout bonnement ADORE.
    Les habitués des concerts indépendants que je croise régulièrement (quand ce n’est pas trop loin de leur QG!) brillaient par leur absence. ils ont vraiment loupé le festival de cette rentrée. Un son propre, des groupes à la hauteur de ce que j’attendais, une salle superbe (bravo Beaumont). Je n’ai absolument rien à redire de cette soirée. De plus l’équipe Pyromane a fait du bon boulot quant à l’organisation, je n’avais jamais autant vu d’affiches et flyers Pyromane en ville et ailleurs, difficile de ne pas voir ou d’oublier ! Je terminerai par un proverbe arabe tout à fait adapté à la situation : « Qui veut faire quelque chose trouve un moyen, qui ne veut rien faire trouve une excuse »

  2. Eh bien, personnellement, je trouve que tu écris bien, sous le coup de la déception. Et James Leg styliste du diable, c’est très bien trouvé.
    Dommage que tu n’aimes pas le français en chanson, contrairement à ce que prétendent les jean-foutres paresseux comme une couleuvre que sont souvent musiciens, vidéastes et autres, c’est une langue diablement efficace quand on sait la manier, quand on la connait.
    RV à la prochaine soirée Pyromane.

    • Merci alors. J’apprécie ton compliment à sa juste valeur.
      J’ai surtout du mal avec le français quand il est associé au rock. Pour moi, ça ne colle pas (à de très rares exceptions). C’est mon côté jusqu’au boutiste, je le reconnais. Et je pense comme D.Laboubée (R.I.P) qui disait: « on chante en anglais car Chuck Berry ne chante pas en français » ou encore comme Little Bob qui trouve que « le flamenco est plus beau en espagnol, l’opéra plus agréable en italien »…tu peux conclure pour le rock.
      Bonne idée de passer pour la prochaine soirée Pyromane!!!

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