Court 2011 #6

Ca se termine donc. Les prix seront décernés ce soir. Un dernier commentaire rapide sur la série I7 et, surtout, sur une soirée spéciale.

Le Palestinien Baya’a el ward présente la destinée d’un vendeur de fleurs dans un camp de réfugiés. Un film qui lorgne du côté du cinéma de genre au héros qui essaie simplement de survivre mais dont les choix pourraient causer la perte. Exempt de manichéisme et éloigné du film à thèse, ce court à la fois bien joué et tourné mérite le détour. Le Tchèque Pruvodkyne raconte l’histoire d’une femme qui découvre que son mari mourant vient d’acheter un appartement pour une autre. Infidélité, secrets liés à la double vie d’un homme, le film, tout en finesse, présente les errements, les questionnements de cette femme. Touchant malgré quelques longueurs.

Plus efficace dans sa forme, Promise of a day résume en 15 minutes une vingtaine d’années de la vacuité de l’existence d’une femme qui se dévoue pour sa famille, repoussant toujours les moments de rencontres avec ses propres amies. Une belle réflexion sur le temps qui passe et les occasions perdues, sur l’effacement de soi au profit de proches se montrant parfois ingrats. Le parti-pris cinématographique – tous les plans sont filmés à l’intérieur de l’appartement familial – tout à fait en adéquation avec l’histoire en renforce le propos.

Soirée spéciale dans une salle éloignée du centre névralgique du festival en compagnie de Paulo Furtado, plus connu sous le nom du Legendary Tiger Man. Le Portugais, membre du jury Labo à Clermont, est venu nous présenter son travail de courts-métrages musicaux -il récuse le terme de clips- autour de son dernier album Femina. Après avoir joué live sur deux de ses films captés en super 8 et gonflés pour les besoins de l’écran, Paulo s’est effacé et a laissé la place aux images portés par son blues dépouillé et avant-gardiste. En prime, les spectateurs ont eu droit à un documentaire sur l’élaboration de l’album qui a mené Furtado de Lisbonne à Paris, en passant par diverses petites salles ou plus gros festivals estivaux. En compagnie du documentariste également présent dans la salle, The Legendary Tiger Man s’est prêté, en français, à un échange avec le public, expliquant son travail, son projet. Un artiste à la fois sympathique et exigeant comme en témoigne ce passage du documentaire où il quitte une scène de festival au Portugal, justement agacé par une musique de fête foraine proche parasitant son set. On reparlera certainement de lui très prochainement car il entame une tournée en France bientôt mais je ne saurais que vous conseiller de jeter une oreille, au moins, sur son album qui regarde, outre du côté du blues décharné, vers les Kills. Un album qui, entre autres, réunit des noms comme Asia Argento, Maria de Medeiros ou Lisa Kekaula des Bellrays.

Quand on vous disait que Clermont 2011 était placé sous le signe des femmes…Je vous joins un clip: ce n’est pas le travail de Paulo.

Publicités

~ par cynic63 sur 12/02/2011.

4 Réponses to “Court 2011 #6”

  1. J’ai pris une belle claque à la projection des vidéos de The legendary tigerman. Je suis encore dedans….Outre la qualité des vidéos et du documentaire, l’artiste est accessible, sans fioriture, simple. Je ne l’imaginais pas ainsi.

  2. Christophe, un grand merci pour cette série sur le festival.

    • De rien. J’espère surtout que certains films seront distribués et visibles par beaucoup. Après 14 séances de 2h, je suis un peu crevé mais satisfait. Je ferai un petit papier bilan demain avant de revenir aux notes de lecture…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :