Court 2011 #4

Clermont affiche toujours des tendances fortes. Si des productions ayant bénéficié de budgets conséquents ne sont pas par principe écartées de la sélection, il n’en demeure pas moins que les films plus modestes ou de pays moins réputés pour leur scène cinématographique sont souvent à l’honneur. C’est un fait qui se vérifie années après années.

Ceci étant posé, le festival propose toujours des regards neufs, des thématiques fortes en prise avec les questionnements sur le monde moderne. Ainsi, à l’occasion des visionnages des excellentes et éclectiques séries I8 et I12, on découvre que les rapports filiaux, passés au crible de l’animation avec Old fangs des Irlandais Merigeau et Holly, ou de la fiction réaliste par Kenny Tan, de Singapour, avec  3 days grace, s’empêtrent dans les non-dits ou les incompréhensions. Le deuxième film cité raconte l’histoire d’un homme qui doit prendre soin d’un père qu’il n’a pas vu depuis des années; ce dernier ayant été victime d’une attaque qui le diminue sérieusement. C’est juste pour trois jours; le temps qu’une place dans une maison médicalisée se libère. De ce qui a séparé le fils du père, le spectateur n’en aura qu’une très vague idée grâce à un flash back furtif et discret. Pas de pathos délirant pour un sujet dont on imagine sans peine qu’il aurait pu donner l’occasion de ressortir les violons du mélodrame dégoulinant. Un film émouvant justement par cette sobriété et cette retenue toute pudique.

La place de la femme dans la société, d’ici ou d’ailleurs, est un thème qui revient également cette année. On a déjà parlé en ouverture de cette (presque) quotidienne d’un film iranien et d’un film turc qui évoquaient la question. Cependant, les plus belles réussites sur le sujet sont, sans conteste, l’Estonien Vahetus d’Anu Aun qui met en scène deux femmes, l’une policière, l’autre riche femme au foyer qui s’ennuie, à un tournant de leur existence. La première mène une vie triste et morne, s’occupant de son père handicapé et acariâtre; la seconde voit sa créativité étouffé par un mari qui exerce sur elle un despotisme mou, mu qu’il est par la volonté de voir son épouse rester à la maison.

Enfin, un violent, mais exempt de toute complaisance malsaine, Khouya de l’Algérien Yanis Koussim qui décrit l’existence de calvaire de trois soeurs terrorisées par un frère qui ne supporte pas de voir son autorité d’homme mise à mal par ces jeunes femmes. Aidé plus ou moins consciemment par une mère qui ne remet pas en cause cet état de fait, celui-ci n’hésite pas à user d’une extrême violence physique pour asseoir son pouvoir. Un final étonnant, une caméra sachant se faire nerveuse dans ses mouvements ou plus calme dans les instants de répit font de ce film une belle réussite.

J’aurais pu évoquer l’humour anglais délicieusement absurde de Waiting for Gorgo, dans lequel la langue délicieusement châtiée des deux vieux héros ajoute à la tonalité du film, ou encore le scénario et la prise de vue efficaces de Yuri Lennon’s landing on Alpha 46 mais un petit coup de projecteur sur d’autres productions me paraissait adéquat.

De toutes façons, les deux séries sont excellentes, comme je l’ai déjà dit. Il faut les voir

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~ par cynic63 sur 09/02/2011.

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