Tout à fait, Frédéric…

Dix-sept. Il existe dix-sept lois au football. Les tables de la loi du ballon rond, en quelque sorte. Autant de points essentiels à faire respecter pour que le sport le plus partagé de la planète puisse se dérouler un tant soit peu de manière correcte et équitable pour les protagonistes des deux équipes. Mais, bon, dans la dimension du ballon rond, les choses ne sont pas toujours si simples…

Un beau projet auquel dix-sept auteurs du Noir français ont été conviés et dont le résultat a été compilé par Frédéric Prilleux et édité chez Les Contrebandiers.

Foot et roman noir? Pourquoi pas finalement tant la dramaturgie du sport peut se prêter souvent à une relecture sous l’angle du policier.

Liberté pour les auteurs de choisir un des acteurs de ce sport. Beaucoup s’en tiendront à ce que le titre du recueil suggère: Les Hommes en noir.

Marc Villard opte pour un arbitre qui n’en peut plus de tant de violence dans un sport qu’il aime. Lui qui n’agit qu’en professionnel dans son métier, jamais de manière personnelle, voudrait tant que la passion prime sur le terrain et que l’horreur en soit bannie…

Jean-Hugues Oppel fait de même en mettant en scène un homme en noir à l’intransigeance psychorigide comme Thierry Gatinet qui, de son côté, donne vie à un juge de jeu lors de l’événement au sommet de ce sport: la finale de la Coupe du Monde. Inutile de dire qu’il restera dans l’Histoire, et pas seulement du foot…L’arbitre d‘Olivier Thiébaut, lui, se regardera même arbitrer en direct ou celui de Thierry Crifo se laissera aller à des passions inavouables, oubliant par là-même le rôle qui lui est dévolu. Quant à l’ancien as du sifflet imaginé par François Thomazeau, il nous rappellera que les règles du terrain ne sont pas si éloignées de celles du comptoir…

Dominique Sylvain ou Jean-Noël Levavasseur campent leurs histoires hors de nos frontières. La première au Japon et le second dans un pays imaginaire des Balkans ou du Caucase; pays pouvant être la Yougoslavie ou une ex-république soviétique du Caucase au passé récent sanglant. Passé qui viendra jouer les prolongations sur la pelouse un jour de match important.

Michel Pelé choisit de nous donner à voir les collusions entre foot, multinationales et foi religieuse de joueurs multimillionnaires…Une bonne occasion de remettre tout le monde à sa place sauf si les lois du sport imposent autre chose au final…

Mari éconduit chez Denis Flageul, star déchue retrouvant son aura au moment où sa vie est fichue chez  Jean-Luc Manet ou, encore, cruel souvenir de jeunesse d’un gamin qui a gâché autre chose que sa chance lors d’une mauvaise remise en jeu avec Marcus Malte, on retrouve là, non pas l’angoisse du gardien de but au moment du pénalty, mais bien des contrepieds de l’existence qui font que vous n’attrapez pas la balle au bon moment…

Il restait cependant un acteur important du jeu, en ceci qu’il n’apparaît qu’en amont ou en aval de la grande-messe: l’entraîneur. Annelise Roux et Pierre Cherriau lui consacrent deux textes, certes, différents dans leur ton mais qui décrivent bien les errements de cet homme qui se retrouve souvent assis sur un siège éjectable bien inconfortable. Surtout quand lui-même en a retiré les coussins…

Si Caryl Férey nous délivre le secret de la réussite qui a permis à Deschamps de soulever le trophée mondial en 1998, Jérôme Leroy corse la difficulté de l’exercice de la nouvelle imposée en 13 petits paragraphes tendus comme des filets de but et dont le héros n’est autre que… le ballon!

Reste un texte étonnant de Jean-Marie Villemot qui, en 27 quatrains rédigés en alexandrins, passe le mur de la poésie….

Beaucoup de textes différents, où le football est pris souvent comme métaphore, parfois comme symbole des aspects les plus obscurs de l’existence. Des textes qui, quand on s’y plonge, nous parlent de colère, de joie, de frustrations, de veuleries. Certains nous feront rire, d’autres nous mettront le blues. Tous ont des qualités et aucun n’est hors-jeu.

PS: Un avertissement rédigé par Bruno Derrien. Les amateurs du ballon rond apprécieront…

Les Hommes en noir , recueil présenté par Frédéric Prilleux, Les Contrebandiers Editeurs (2011), 152 pages + fiches signalétiques des auteurs (dans un style bien dans le ton)

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~ par cynic63 sur 20/01/2011.

7 Réponses to “Tout à fait, Frédéric…”

  1. Une curieuse idée, mais une bonne idée ! intéressant projet. En plus je ne connais pas cette maison d’édition!

    • Oui, une idée marrante. Les textes sont, au minimum, plaisants. Je n’ai pas indiqué mes préférés volontairement. La maison d’édition a un site

  2. Pas encore lu mais je les connais presque tous..

  3. Merci beaucoup pour cet article, qui prend le temps de présenter ce recueil et en éclaire bien les différentes facettes. Je préciserai juste que la consigne était, pour chacun des auteurs, non seulement de mettre en scène un arbitre, mais également d’illustrer une des 17 lois du foot que lesdits arbitre font respecter tout au long d’un match. D’où 1, le terrain, 2-Le ballon 3-Le nombre de joueurs…
    J’ajouterai aussi, avec tristesse, que Jean-Marie Villemot nous a quitté en début d’année et n’a pas eu le temps de voir ce livre pour lequel il avait en effet écrit un long poème épico-footballistique.

    • Merci d’avoir précisé ces quelques points sur lesquels je n’ai pas, en effet, assez insisté. Je ne savais pas pour Jean-Marie Villemot…

  4. Ça commence très mal. Marc Groslard l’apparatchik de sa femme Fourneaux à Télérama et Lire, est un nul gauche srrpillière, qui n’a jamais eu la moindre imagination en dehors de se branler sur sa vertu de gauche. Réussi à force que sa grognasse insiste dans les organes de la bourgeoisie télévision.
    Oppel est super crétin qui comme Groslard pique tous ses thèmes aux Amerlocks, et a la désagréable particularité d’être tellement radin qu’il est tous les week-ends dans les festiveaux à usage du bétail de province.
    Je serais très très heureux de les retrouver l’un comme l’autre sur un terrain de sport ces gros culs…

    • Salut Thierry,
      Je ne me prononce pas sur le début de ton intervention, tu t’en doutes.
      Ceci dit, les textes de Leroy ou de Malte valent le détour. Comme celui de Levavaseur ou de Pelé. Enfin, je leur ai trouvé à tous un intérêt.
      Mais bon, c’est l’avis d’un mec de gauche…
      Amitiés
      Christophe

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