Arrêt cardiaque…

On a appris hier le décès de Don Van Vliet, le Captain Beefheart. Il allait avoir 70 ans dans trois semaines.

Retiré des affaires musicales depuis le début des années 80, Beefheart se consacrait à la peinture. Tranquillement, chez lui, dans son comté californien.

Mais qui était donc ce Capitaine Coeur-de-Boeuf? Tout simplement, l’inventeur d’un genre transversal, une sorte de déconstruction du blues, flirtant avec le free-jazz autant qu’avec le rock and roll des origines.

Doté d’une voix étonnante, Beefheart aura repoussé les limites du rythme binaire pour le précipiter vers une sorte d’avant garde ayant influencé autant le punk que la new wave.

Articulant ses textes, souvent d’une poésie flirtant avec le surréalisme, autour d’accompagnements aux rythmes cassés ou déphasés, Don Van Vliet n’aura cependant jamais sombré dans ce qui plombe le rock and roll, à savoir le maniérisme arty. Personnalité relativement orageuse, il se moquait totalement du succès au niveau commercial, se montrait parfois d’une intransigeance à la limite de l’intolérance avec ceux qui travaillaient avec – pour?- lui. Qu’importe…

Sans lui, pas de Black Keys, de Black Diamond Heavies ou de Soledad Brothers aujourd’hui. Pas plus que de Sonic Youth ou Minutemen hier…On pense aussi à cette école australienne, si on peut dire, regroupant les Scientists ou encore les phénoménaux Beasts of Bourbon. Rien que des gens qui trouvent grâce à nos oreilles.

Un petit extrait, complètement en accord avec la musique sixties que l’on aime pour finir. Pas ce que Beefheart a fait de plus radical en matière de déconstruction mais tout à fait recommandable.

Ami de Zappa, Beefheart doesn’t beat any longer…

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~ par cynic63 sur 19/12/2010.

5 Réponses to “Arrêt cardiaque…”

  1. L’année se termine mal
    Ne comprenant pas l’anglo-saxon, je ne me suis jamais intéressé aux paroles, mais c’était le son et la voix qui m’ont accompagné.
    Amicalement

  2. « Dans les disques de mes parents, il y avait également Captain Beefheart, c’est lui que j’ai le plus écouté dans ma vie, aujourd’hui encore . » PJ Harvey, interview d’avril 1992 aux Inrockuptibles,à la sortie de Dry.
    C’est la première fois que j’ai entendu parler du Captain.
    Bonne journée.

  3. Merci pour ce commentaire dédié à un vrai personnage de l’histoire du rock -issu d’une époque bien créative- qui semblait bien oublié aujourd’hui. J’avoue ne jamais avoir été un fan de l’œuvre du bonhomme mais quand même, hier, du coup, je me suis remis « Hot Rats ».

  4. Voilà quelqu’un qui, avec Zappa, accompagne encore parfois mes longues journées d’attente. Pas de nostalgie pourtant, il y a tant encore à écouter et il a eu une vie pleine ! mais comme je suis rarement au fait de la musique évoquée ici…

    Pas étonnant que Polly Jean aie tété de ces mamelles là.

    • @Paul: J’ai fouillé si je trouvais les textes « à lire » car à l’écoute, ce n’est guère évident.
      @David: Preuve qu’il en a influencé beaucoup…
      @One more: Tout n’est pas facile à aborder chez lui, c’est vrai. Mais, il y a une telle compréhension de la quintessence du blues chez lui
      @Le vent: Pas de nostalgie non plus. Juste une impression que la liste tous les ans s’allonge un peu plus et que la relève, dans le genre radical que j’affectionne, n’est pas aussi nombreuse que ça

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