Chorus revient…

Alors, voilà donc la bonne nouvelle au rayon des DVD rock matérialisée sous la forme d’un coffret de trois très bons disques, le tout agrémenté d’un livret, un peu moyen malgré les excellentes informations contenues: Chorus, ou du moins ses images, nous parviennent aujourd’hui via l’INA, trente ans après la fin de l’émission…

On était plus que jeune à l’époque et on se souvient de ces fins d’après-midis de samedi, au début, ou de ces dimanches vers midi, par la suite.

« Trente-sept minutes de musique live », comme le disait à chaque prise d’antenne, un jeune Antoine de Caunes, flanqué d’un Jacky pas encore « dorothéisé » et aux blagues muettes à deux balles et décalées.

Il faut dire, qu’en tant que pré-ado perdu dans sa province, on n’avait pas grand chose à se mettre sous les yeux et entre les oreilles. Beaucoup se souviendront qu’on en était, heureusement, au crépuscule du giscardisme et que la musique sur le service public au monopole exclusif se résumait à Guy Lux ou aux désopilants Carpentier et leurs émissions variéto-franchouillardes.

Chorus a débuté un peu par hasard ou plutôt grâce à un concours de circonstances bienvenu: un créneau horaire s’étant tout simplement libéré, le jeune de Caunes propose son idée et ça tranche. Les groupes sont filmés live au théâtre de l’Empire, alors domaine de Jacques Martin les dimanches, ou dans d’autres grandes salles parisiennes, un peu plus rarement il est vrai.

De vrais concerts avec un vrai public qui venait découvrir les petits nouveaux d’outre-Manche ou les valeurs montantes du rock hexagonal.

Que du bonheur pour le petit mec qui savait bien que la musique, ce n’était ni Dalida, ni Sheila, mais bien autre chose.

Au rayon des souvenirs que j’ai retrouvés ici, les Ramones, évidemment, présents ici pour plusieurs titres supersoniques, sans discours inutiles entre eux, s’enchainant avec le mythique « one, two, three, four ». Bref, pas de rigolade, pas de prêchi-prêcha, mais l’efficacité portée à son summun. Et puis Feargal Sharkey des Undertones emmenant de sa voix si particulière le groupe nord-irlandais pour une performance inoubliable. Encore Madness pour sa première télé française, ouvrant son concert par le célèbre One step beyond, multipliant les attitudes burlesques pour un show rafraîchissant et pas prétentieux pour un sou ou encore the Jam, qui nous refaisait les Who période 67, drivé par un Paul Weller juvénile et talentueux au possible.

Evidemment, on est saisi par une émotion non feinte en revoyant Dominique Laboubée des Dogs, timide et classieux ou  Lee Brilleaux qui nous balance un Roxette, le public envahissant la scène pour cette performance de haut niveau d’un Dr Feelgood récemment amputé de Wilko Jonhson. Car, 30 ans après, beaucoup sont morts. D’autres ont disparu de la scène comme Captain Beefheart, qui annonçait déjà certaines expérimentations autour du blues.

Un coffret dont chaque dvd se divise en trois parties: playlist avec un titre par artiste, big live avec une demi-heure consacrée à un seul groupe (un apocalyptique concert des Clash au Palace en 80 et qui, vu à l’époque m’avait scotché, la première scène française d’un ZZ Top encore très roots et pas aseptisé ou formaté pour les radios fm, et enfin, Police qui enchaîne ses, pas encore, tubes sur la scène de l’Empire), un live express consacré à 6 ou 8 figures de l’époque.

Et surtout: ce sont les musiciens qui sont à l’honneur ici. On a été frappé par la manière à la fois intelligente et discrète de filmer ceux-ci par l’équipe de Claude Ventura qui officiait à l’époque. Cela nous change des effets terribles que certains ont essayé d’insuffler dans la façon de saisir les artistes sur scène

Evidemment, il y a quelques manques, des groupes que nous n’apprécions pas mais qui, et c’est aussi le reflet de ce que proposait Chorus, représentait quelque chose à venir ou déjà installé (The Cure ou Siouxsie m’ont toujours paru trop new wave, Magma trop abscons) des artistes que l’on aurait souhaité entendre et revoir plus longuement, comme le très pub rock Lew Lewis, les petites présentations déjantées des duettistes sont un peu trop ramenées à leur simple expression mais il n’y a pas scandale et on en a pour ses 30 euros.

Le quadra comme moi s’y retrouve et non pas uniquement par nostalgie mais simplement parce que la musique est de qualité et que, définitivement, à l’orée des années 80 qui promettaient d’être désastreuses, il y avait malgré tout des choses qui se passaient et que Starshooter ou le Téléphone des débuts, qu’on n’appréciait pas plus que ça,  tenaient bien la scène…

Pour en savoir plus: http://www.ina-entreprise.com/actualites/focus/coffret-3-dvd-chorus.html

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~ par cynic63 sur 29/11/2010.

12 Réponses to “Chorus revient…”

  1. Que de souvenirs Cynic. Une question : y a-t-il les Smiths ?

    • Non Pierre. Il me semble que l’émission n’existait déjà plus à l’époque des Smiths (en fait, j’en suis même certain). Si une compilation « Enfants du rock » voit le jour, ils pourraient très certainement s’y trouver.

  2. Whaouh ! Programme bien alléchant (euh… hormis Police). Un concert entier des Jam ne m’aurait pas déplu, cela dit. Et puis, je me souviens aussi des lives de Joe Jackson, Elvis Costello ou le J Geils Band. Peut-être pour le numéro 2 ?

    • Elvis Costello est dessus (dans la partie live express). Mais, en effet, je me souviens d’un excellent J Geils comme de Southside Johnny (pour rester dans un style proche) et de Joe Jackson période « I’m a man » (après, ça me gonfle…). Qui sait si un numéro 2 ne serait pas le bienvenu…D’accord sur Police mais vu ce qu’ils sont devenus après, difficile de faire l’impasse

  3. Je ne connaissais pas Chorus, j’étais probablement trop jeune à l’époque. Regarder ce dvd était plus une découverte de l’émission, de son concept, de l’ambiance qui y régnait.Je n’aime pas toute la sélection et pour ceux que j’aime j’aurais aimé en voir davantage. J’avais déjà vu des vidéos de live des Clash, des Ramones,des undertones mais de savoir qu’ils ont joué dans une émission française, je trouve que ça rapproche car d’habitude les lives que l’on peut voir sur internet sont toujours plus impersonnels car trop loin.De plus , j’ai été ravie de voir les débuts The Cure (même si tu n’aimes pas, cynic, je sais …) avec un Robert Smith tout jeunot et pas encore gonflé à je ne sais quoi.Toutes ces images ont donné vie à ce que je n’ai pas vu voir en vrai et en temps réel. Et puis je me dis qu’il n’y a pas que les Anglais ou les Américains qui savaient recevoir des groupes « hors circuit » commercial.

    • En fait, j’aime bien le futal rose de « pas encore » Gros Robert…Le seul truc marrant chez Cure. Ben, oui, on peut redire qu’il manque des choses, qu’un seul titre de l’hypnotique John Lee Hooker (quand même…) ou une broutille, certes excellente mais courte, de Feelgood et aucun titre de Little Bob Story (pourtant le seul groupe français reconnu à Londres par les milieux rock à l’époque). Mais bon malgré certaines absences, le coffret reflète bien ce qu’on pouvait voir et se voulait aussi éclectique

  4. Nostalgie quant tu nous tiens !
    Bonne soirée

  5. C’est vrai Paul mais il n’y a pas que ça avec ce coffret…Une certaine façon de faire de la télé publique qui proposait souvent autre chose que de piètres variétés. Toi qui est jazz (moi, pas vraiment…), je me souviens aussi qu’on avait droit, certes tard, à des concerts filmés au festival d’Antibes. Aujourd’hui, c’est morne plaine…

  6. Deux de mes chats s’appellent Siouxsie et Roxette, le message de mon répondeur s’ouvre par « Surfing bird » interprété par les Ramones (pour tirer la langue aux démarcheurs), les vinyles des années 70 et 80 gondolent mes étagères et tournent encore sur les platines( dont les bras ne sont pas mécaniques, faut se relever tous les quarts d’heure), j’ai passé un nouvel an à l’Oysterfleet de Canvey Island, mon fils aurait pu s’appeler Iggy… C’est ça le mariage avec la communauté des biens ! Je sais donc à qui je vais offrir ce DVD… C’est bon de croquer la madeleine mais il y a aussi de belles découvertes musicales actuelles !

    • Tu es donc une femme de goût…Bien sûr qu’il y a de bons trucs actuellement. Pour moi, le vrai rock and roll n’a pas d’âge de toute façon (Et le Jim Jones Revue, même s’il est très 50’s, est bien de notre temps)

  7. Je me rappelle, je ne loupais aucune émission Chorus. Que de souvenir. Forcément je me suis rué sur le coffret.
    PAR CONTRE IL MANQUE QUELQUE CHOSE !! OU SONT LES DATES DE DIFFUSION DE TEL ET TEL MORCEAU ??? CELA AURAIT ETE BIEN D’AVOIR CES INFORMATIONS AFIN DE SITUER LES DIFFERENTS EXTRAITS D’EMISSION DANS LE TEMPS !! C’EST DOMMAGE.

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