Canvey Island Sound…

Grande soirée la semaine dernière à la Coopérative de Mai où je me rends de moins en moins étant donné la programmation qui me laisse plus que froid depuis quelques temps…Un film plus un concert dans la même soirée, la chose mérite d’être célébrée…

Si vous devez voir un seul documentaire consacré à un phénomène rock and roll – ou musical; les deux ne font qu’un dans ces pages -, il s’agit du Oil City Confidential que Julian Temple a consacré aux grands Dr Feelgood.

Véritable archéologie d’un groupe qui a marqué de manière plus importante son époque qu’on aurait pu le croire, le réalisateur britannique a évité tous les écueils des films de ce genre.

Pas de panégyrique béat, pas d’idolâtrie niaise qui occulterait l’aspect à la fois social, humain ou musical du sujet traité: Temple propose un véritable film de cinéma à la fois drôle, émouvant, dérangeant parfois, honnête et complet.

Une belle construction où les héros toujours vivants, à commencer par le décidément très psychotique Wilko Jonhson, prennent la parole pour raconter l’épopée de types issus d’un des endroits les plus déprimants d’Angleterre: Canvey Island et ses raffineries…

Un endroit glauque et pourtant auquel les Feelgood resteront liés. Ce qui est toujours le cas pour certains des protagonistes.

Une épopée, disais-je, où nos quatre personnages – plutôt cinq, mais voyez le film pour comprendre – passent de la fête locale aux pubs du coin, avant de prendre le fameux van que tous les rockers connaissent pour se rendre d’abord à Londres puis bien plus loin.

Sanglés dans des costards qui feraient passer n’importe quel vendeur d’aspirateur pour une petite frappe des bas quartiers de la capitale britannique, les Feelgood, portés par la voix puissante de Brilleaux, la guitare claquante, nerveuse, incisive de Wilko « Skitter » Jonhson, la rythmique carrée et métronomique de Sparko et Big Figure, ont flanqué un uppercut dans la tronche de seventies dégoulinantes de soupe progressive, de plan hippies-baba totalement prétentieux, de musique commerciale pré-disco et sont revenus aux fondamentaux: la musique du crossroad, celle d’autres paumés du Sud des Etats-Unis. A la peau noire ceux-là.

Filmé sur les lieux mêmes de l’Histoire, entrecoupé d’images d’époque, de paroles d’aujourd’hui, Oil City Confidential raconte le rock and roll: son essence, son esprit, ses joies, ses excès de substances prohibées ou en vente libre, ses engueulades. Le tout sans tristesse mais avec émotion quand, par exemple, la mère du défunt Brilleaux évoque son fils unique disparu à 44 ans ou encore quand Wilko revient sur sa mise à l’écart du groupe.

Un Wilko qui ouvre le film et qui le referme. Toujours à la recherche des étoiles. Un peu comme nous après le mémorable concert que le même bonhomme a donné suite à la diffusion du film dans la petite salle de la Coopé qui a pris, pour l’occasion, des saveurs de pub anglais au son du premier guitariste d’un grand groupe trop sous-estimé.

« Wilko got his mojo  working and it worked on us. » serait-on tenté de dire en parodiant Muddy Waters.

Pour finir, voyez ce Oil City Confidential. Si vous prétendez aimer le rock and roll, c’est une obligation. Si vous n’y connaissez rien, vous comprendrez…

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~ par cynic63 sur 20/10/2010.

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