Misère des intellectuels (médiatiques)…

Ils  occupent les ondes, les écrans ou les colonnes de différents médias qui, soi-disant, comptent…

Ils ont dans la soixantaine mais sont toujours fringants. Ils assènent leurs vérités d’aujourd’hui comme ils assénaient les pires idées contraires il y a 30 ou 40 ans. Toujours avec la même certitude arrogante. Ils se réclament « esprits libres » alors qu’ils sont d’un conformisme confondant. Pire: ils ne font qu’intellectualiser (enfin noyer sous un verbiage pompeux) les pires lieux communs que l’on peut entendre au PMU du coin.

Ils s’estiment dépositaires de la »vraie pensée française vivante », employant des termes comme « démocratie », « droits de l’homme », « unité de la nation », « laïcité » comme d’autres usaient, et usent encore, de « patrie », de « race » ou « d’héritage chrétien ».

Non contents de leur hyper exposition, nos intellectuels médiatiques qui se disent de gauche tout en étant civiques et surtout pas révolutionnaires sont la proie de paranoïas multiformes.

Pour le subtil Alain Finkielkraut, c’est en réalité très simple: Il rejoue, à chaque petite occasion que son grand esprit saisit dans l’air du temps, le même petit air: « Tout fout le camp ma pauvre dame!« . La musique est la même, les paroles pratiquement identiques. Seul le rythme change. On écoutera son intervention édifiante sur France Inter dans la matinale de lundi matin…

Ici, notre maestro adopte un crescendo fortissimo, croyant percevoir dans les caprices de millionnaires en shorts la parfaite déliquescence de la société française. Car et c’est bien connu, le 11 du coq est l’image même, voire le symbole, de la prise de pouvoir des « cailleras des cités », le parfait reflet du rejet de toute autorité, le triomphe de la facilité face au travail. De là à dire que tout cela prend racine dans ce funeste Mai 68, il n’y a qu’un pas que d’autres de ses comparses philosophes télévisuels ont franchi depuis bien longtemps.

Par contre, il est, évidemment, hors de question d’interroger une société qui élit un Président vulgaire, qui ne représente que la « République des Copains Friqués » au pouvoir, qui mélange allègrement les valeurs selon la girouette des intérêts personnels.

Que ce dernier ait dit « Casse-toi pauvre con! » à quelqu’un devant des caméras, dont il ne pouvait ignorer qu’elles tournaient est infiniment moins grave qu’un joueur de foot qui aurait marmonné pour lui-même (d’après ce que l’on sait) des insultes dans l’intimité fermée d’un vestiaire.

Finalement, la géométrie comme les jugements sont identiques. Ils sont variables et, surtout, ne résonnent pas d’un même volume.

Qu’on commence donc à donner la parole à de vrais intellectuels, à des gens qui construisent une pensée, qui posent de vraies questions, qui tentent de décrypter une réalité complexe et qui, surtout, ne s’auto-proclament pas comme les modèles de la philosophie française.

Finalement, on a les penseurs qu’on mérite. Comme les politiques

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~ par cynic63 sur 23/06/2010.

13 Réponses to “Misère des intellectuels (médiatiques)…”

  1. Merci, mille fois merci! J’ai entendu cette fameuse tirade lundi matin et je n’en croyais pas mes oreilles (en plus, c’était lundi…); c’est le phrasé qui m’a le plus choqué, ce phrasé grotesque, totalement déstructuré, qui ne correspond à rien si ce n’est à l’expression d’un égo bouffi. J’aurais voulu avoir Demorand en face de moi et lui demander comment il faisait pour supporter ça. Je crois qu’il serait bon que nos soit disant intellectuels se contentent d’écrire des livres que je n’achèterai pas…

    • Bah, pas grave. C’est intéressant néanmoins et comme disait Bourdieu: « Pourquoi irais-je discuter avec BHL? Je sais ce qu’il va me dire ». Idem avec Finkie…On sait toujours ce qu’il va nous sortir

  2. Sur le même thème :
    http://www.acrimed.org/article3400.html

  3. Il est juste de dire que l’intellectuel est mort. Il ne reste que l’ego, la parole décousue de l’émotion. Pourquoi donc? Parce que l’esprit du temps imprègne de tels personnages. La débacle politique et intellectuelle est une débâcle de la société toute entière. En fait, remettons nous en question, d’abord, et écoutons, lisons, intéressons nous à ceux qui construisent une pensée cohérente. Jetons aux orties le verbiage inutile et pompeux de ceux qui n’ont rien à dire. Agissons.

  4. « Finalement, on a les penseurs qu’on mérite. Comme les politiques » Et les fouteux ?
    Finalement, je suis bien content d’écouter FIP, de suivre le rugby et de lire des polars …

  5. La quintessence du verbiage pompeux qui frise le ridicule s’incarne dans l’affaire Botul qui a ridiculisé le pauvre BHL. Mais le plus inquiétant, c’est que les médias continuent à nous vendre cette soupe aux orties… et que la soupe en question s’étale sur les rayons de nos librairies au rayon philosophie !

  6. La vieille croute n’est qu’un conformiste de plus. Il en est d’autres dans d’autres domaines qui se contentent également dd’ånonner le catéchisme de leur milieu, suivez mon regard. ça revient strictement au méme, je dirai presque que Vieillecroute est une cible quasiment trop facile. La bovinitude en général, je l’ai ciblé puisque c’est ma partie dans le polar, mais c’est elle d’une façon systématique qu’il faudrait cartonner. Pas besoin de remonter trés haut ici méme pour en avoir des exemples navrants.

  7. Je ne sais pas néanmoins si Vieillecroute est une cible trop facile. Ce que je constate, en tous cas, c’est que Lui et ses comparses monopolisent l’espace et, ça, ça commence véritablement à me gonfler…

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