Rock this town…

Grande soirée hier soir à la Coopérative de mai comme on n’en avait pas vécue depuis…trop longtemps; la « salle où il faut aller dans la capitale du rock » ne proposant qu’une programmation des plus moyennes depuis pas loin de deux saisons.

Inutile de plus épiloguer sur la chose et, force est de constater, que, pour une fois, on ne regrettera pas de s’être déplacé un soir de semaine. De toutes façons, avec le fabuleux Jon Spencer, que ce soit avec sa très avenante épouse, Cristina Martinez, et leur Boss Hog, ou encore avec le Blues Explosion et ses deux recommandables compères, ou, comme hier soir, avec Heavy Trash, son projet rockabilly racé et classieux, c’est pratiquement sans risques…

Ouverture des hostilités pour un set envoyé, expédié, que dis-je, dynamité en 30 minutes montre en main par le Canadien Bloodshot Bill, un one-man band à l’allure d’Elvis pas encore bouffi et ratatiné par les drogues et la mauvaise nourriture. Le grand garçon fait tout tout seul: guitare, voix et percussion. Le tout dans un minimalisme et un joyeux bordel de bon aloi. Là aussi, on revient au rockabilly des premiers jours, souvent dans la forme, toujours dans l’esprit. La set-list s’enchaîne bien, reverb à fond, voix nasillarde à souhait. D’ailleurs, l’un des points forts du monsieur réside bien dans la voix: à l’aise dans les aigus comme dans les hiccup ou les yoddle. Une mise en train bien redneck mais avec raffinement quand même, ne serait-ce qu’au regard de la magnifique tenue de Bill

Le temps d’une clope et d’une bière. C’est tout ce qui nous a été accordé avant l’entrée en scène de Jon Spencer et de l’excellent Matt Verta-Ray, l’autre âme damnée d’Heavy Trash, également hurleur et guitariste en chef du combo décalé Speedball Baby. Soutenue par une section rythmique qui ne laisse pas sa part aux chiens, Heavy Trash n’y va pas par quatre chemins: Vous en voulez? Vous en aurez…

C’est effectivement très rockabilly, très fifties dans l’approche mais rien, absolument rien, ne respire le revivalisme rance. Les titres sont extrêmement bien construits, il n’y a aucune faute de goût dans l’alternance des titres rock and roll et des ballades nécessaires à ce genre d’exercice. Jon assure la plus grande partie des rythmiques acoustiques, se laissant aller à quelques passages tout en fuzz et rapidité, Matt ponctue de solos incisifs et efficaces les chansons proposées, ne prenant le chant principal qu’en de très rares occasions.

De la référence, de l’énergie, de la tenue (également du point-de-vue vestimentaire d’ailleurs) mais surtout pas de la récitation béate et stérile. D’ailleurs, il faut quand même avoir une certaine maîtrise des codes pour ne pas avoir peur de faire donner la « boule à facettes » lors des moments les plus lents du set. Là où beaucoup sombreraient dans le kitsch Heavy Trash s’élève vers la Classe. Bon goût, sauvagerie et maîtrise sont parmi les autres termes qui conviennent le mieux à ce qu’il nous a été donné de voir hier

Une heure trente, à peu près, de concert, rappels compris. Une baffe, sans distorsion forcenée, ni surenchère dans le « show »…On discute rock and roll ici; pas agitation pré-pubère qui passera avec l’âge…

Jon Spencer connaît tout et, en premier lieu, comment se mettre une salle dans la poche. Outre sa maîtrise de la culture rock, des racines blues jusqu’au punk, il s’avère qu’il possède l’art et la manière de tenir la scène. D’incantations à invitations à se bouger, il nous aura tout fait…Et ça marche. Quand on est, en plus, servi par une voix aussi puissante aux intonations vraiables, une capacité à écrire des titres efficaces et accrocheurs, qu’on s’adjoint des compagnons de son acabit, on ne voit pas pourquoi cela ne marcherait pas. Quand on aura ajouté qu’il plaît, qu’il possède cette sexualité bestiale tout en étant parfois précieux, que sa femme (malheureusement absente de la tournée…à ma grande tristesse, j’avoue) renvoie toutes ces petites Lolitas à leurs poupées, on se dit qu’il existe des choses bien inégalement réparties…

Publicités

~ par cynic63 sur 23/03/2010.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :