Joseph et Mona par Stéphane

Sur l’ancienne version du blog, il m’arrivait de donner la parole à des copains ou copines, de manière assez irrégulière. Comme je n’ai toujours pas rapatrié l’ensemble des papiers ici, vous pouvez toujours faire un tour là si vous êtes intéressés: http://noirs-desseins.over-blog.com/categorie-10930812.html.

Reprise donc des activités « Fallait pas l’inviter! » avec ce premier papier de Stéphane, une vieille connaissance nivernaise, que je croise, malheureusement, très peu souvent ces derniers temps…Les joies d’internet nous permettent cependant de rester en contact. Il nous présente une aventure de Mona Cabriole dont l’auteur est le musicien Joseph d’Anvers qui nous livre son premier roman. Un Nivernais lui aussi…De là à dire que ce blog ressemble à une réunion d’ex ou toujours Nivernais…Merci encore à Stéphane pour ce papier….

L’histoire.

Assis dans un bar seul à une table, une lettre entre les mains, Ian commande un dernier Jack Daniels. Les enceintes distillent la douce mélancolie des Tindersticks. Mark, le patron de « l ‘Attente », sert à Ian son dernier verre pour la soirée. Il est 4h00 du matin ce 19 décembre 2024. Ian quitte le bar de Pigalle et se dirige vers l’avenue Trudaine qu’il traverse, descend la rue de Rochechouart avant de pénétrer dans l’impasse Briare. Paris est versée dans la noirceur et le froid, depuis des mois la pluie ne cesse de tomber obligeant les autorités à prendre des mesures drastiques, comme la fermeture de certaines stations de métro, pour assurer la sécurité des parisiens. A peine a t-il fait quelques pas dans l’impasse que Ian sent derrière lui une présence inquiétante. Le bruit des pas sous la pluie se rapproche à mesure que le fond de l’impasse se dessine. Ian, n’est plus que l’ombre de lui même, ses jambes arrivent à peine à soutenir son corps désarticulé marqué par les coups de la vie, la came, l’alcool et les drames qui l’auront mené jusqu’ici ce 19 décembre 2024. Il marche, erre à la rencontre de son destin.Ian est le leader déchu d’un groupe de rock de la décennie passée.

Treize ans plus tôt, en 2011, le tout Paris est impatient de découvrir le nouveau set du quintet britannique dont Ian est le leader emblématique. Chacun de leur concert est une performance, un tour de force. Le premier concert de leur tournée hexagonale est sold out, comme tous les autres, et a lieu dans le 18ème arrondissement de Paris, à la Cigale. Dès les premiers riffs de guitare, dès les premiers coups de buttoir de la batterie, la foule est en transe. Dans la fosse, les kids slamment à tout va ! Le concert restera dans les annales, à coup sûr. Soudain, le regard de Ian accroche celui d’une fille, le temps semble alors suspendu ! Fin du set, backstages. Congratulations. Les joints qui côtoient les verres de Jack Daniels sont autant de soulagements. La jeune fille de la salle, celle à qui le regard de Ian était suspendu, réapparaît subitement. « Bonjour, je m’appelle Mona ». Mona, est journaliste pour un webzine d’investigation. Rangée des faits divers, Mona souhaite remettre au goût du jour les longs entretiens avec des groupes, sur le terrain style Lester Bangs. Au fil des pages, les chemins des faits divers et de la musique vont se croiser pour ne plus se quitter. Mona est sous le charme chamanique de Ian. Second concert de la tournée à l’Elysée-Montmartre. Même topo que pour celui de la Cigale : grosse ambiance, foule en délire quand, en plein milieu du concert, l’hystérie de la foule se mue panique ! Un jeune homme s’écroule au pied de la scène dans une marre de sang, un couteau planté dans le dos ! Stupeur et effroi dans la foule, mais aussi sur scène, dans les coulisses…. Dès lors, un tas de questions se posent : accident, règlement de compte entre bandes ? Quelqu’un cherche t il à nuire au groupe ? Faut-il ou non continuer la tournée ? Ian, sous le choc, s’en remet à la décision de Kate, sa manageuse. Il faut continuer, il y a trop d’argent en jeu.

La malédiction s’abat sur le groupe. Chaque concert, chaque passage télé devient le théâtre d’une scène de crime. Tous les médias sont à l’affût, l’enquête policière piétine, aucun indice tangible ne permettant de faire un lien entre les crimes.

Ian assiste à la mort lente et douloureuse de sa formation, de son histoire d’amour avec Mona.

Joseph d’Anvers signe ici son premier roman, version polar,aux éditions La Tengo. Tous les ingrédients du polar sont réunis dans les quelque 160 pages qui mettent en scène la célèbre Mona Cabriole dans l’un des arrondissements de Paris. Joseph a donc remisé ses guitares le temps de nous livrer SA « Mona » dans un arrondissement de Paris qu’il connait sur le bout des doigts pour y avoir vécu quelques années : le IX ème. On y retrouve les passions de Joseph : la musique et le cinéma. Diplômé de la fameuse école d’arts cinématographiques, la FEMIS, il a construit son polar comme on construit un film. L’intrigue court au fil des pages sur fond de sex, drogue et rock’n’roll. Un récit au présent, en 2024, entrecoupé des épisodes successifs qui ont mené Ian jusque dans le fond de cette impasse ce soir de décembre. On imagine très bien ce que cela pourrait donner à l’écran. Le souci du détail dans la description des scènes, notamment celles de concerts sont d’une précision chirurgicale, en même temps qu’on lit, on entend la musique. Les décibels percutent, et la bande son du roman a de la gueule : Tindersticks, Tom Waits, Jeff Buckley, Neil Young, Elvis Presley, AC DC, Chet Baker … (en écoute sur Deezer : http://www.deezer.com/fr/music/playlist/la-nuit-ne-viendra-jamais-de-joseph-d-anvers-bande-son-39333343.). Pour d’Anvers, cette commande de la part des éditions La Tengo est arrivée au bon moment. « Je n’arrivais plus à écrire des chansons, et cela depuis plusieurs semaines, plusieurs mois. Quand La Tengo m’a proposé l’aventure du plar, j’ai dit oui ! L’avantage, c’est que l’éxercice était cadré : mettre en scène la célèbre journaliste Mona Cabriole dans une enquête policière se déroulant dans un arrondissement de Paris ». Pour écrire la nuit ne viendra jamais , d’Anvers a puisé dans ses souvenirs, et pas forcément les bons, ceux de son arrivée à Paris, des jours de galère où rien ne semble vouloir aller dans le bon sens. Le résultat est d’une noirceur à réjouir les amateurs de polars et de rock’n’roll. A déguster d’un trait, de la première à la dernière page !

Stéphane Ebel

Infos : www.latengo.com

La nuit ne viendra jamais de Joseph d’Anvers, La Tengo Editions(2010),171 pages

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~ par cynic63 sur 21/03/2010.

2 Réponses to “Joseph et Mona par Stéphane”

  1. Joseph d’Anvers ? J’ai ses albums : j’adore !
    Mais je ne savais pas qu’il avait écrit un roman !!!

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