Clermont Filmfest 5

Avant-dernière chronique du festival…Ca se termine demain et je me risquerai à quelques pronostics à ce moment-là.

De la série I 5, je ne retiendrai que le documentaire puissant des anglais David Lalé, James Newton et Kristian Hove: On the run with Abdul (En cavale avec Abdul). On suit ici le parcours, au sens strict, d’un jeune réfugié afghan et sa quête pour trouver enfin un pays qui accepte de l’accueillir. Le film commence à Calais, dernier point de passage avant l’Angleterre qui est perçue comme la Terre Promise pour tous ces hommes rejetés. On voit aussi le système des passeurs mafieux qui profitent du désoeuvrement des réfugiés, la recherche d’un endroit où dormir et, en désespoir de cause, les changements de destination que les clandestins s’imposent quand ils constatent que leur plan initial ne pourra pas se réaliser. En outre, les cinéastes s’interrogent sur leur rôle d’observateur et l’éventuelle influence, négative surtout, qu’ils auraient sur le destin de ce jeune homme qu’ils filment. Un film à montrer à notre cher Besson et au « local » Hortefeux…

Que de bons films, avec des qualités techniques ou thématiques, dans la série I 3. De l’adolescente qui se cherche malgré les réticences familiales (Le Danois Cathrine de Mads Matthiesen), à l’interrogation quasi-métaphysique sur le temps, l’espace et la personnalité à partir des liens entre Hemingway et Pampelune avec Notes on the other (Notes sur l’autre) de l’Espagnol Sergio Oksman, ou encore des mariages arrangés dans la rurale et traditionnelle Chine de l’Ouest avec Daughters (Les filles) de Chloé Zhao, le programme était plus qu’éclectique. Quand on aura ajouté 50 años de la luna (50 ans sur la lune) de l’Argentin Mariano Santilli qui nous présente la quasi-obsession d’un hurluberlu russe (le film est tourné dans cette langue) pour l’astre de la nuit sur un ton déjanté et loufoque, on aura fait le tour.

Ou presque…

Car, véritablement, le film qui a retenu notre attention reste Efecto Domino (Effet domino) du Cubain Gabriel Gauchet, un film co-produit avec l’Allemagne où j’ai cru comprendre que le réalisateur résidait. La Havane, un soir d’été. Un groupe de voisins d’âge assez mûr, pour la plupart, joue aux dominos. Les femmes bavardent, évoquent les derniers potins. La petite-fille de l’un des couples veut se rendre chez une amie. La grand-mère refuse car il faut traverser un parc mal fréquenté et dangereux. Profitant de l’inattention des adultes, l’adolescente désobéit. Un cri dans la nuit, un jeune homme qui appelle: la jeune fille est retrouvée ensanglantée dans le parc. Malheureusement pour lui, qui pensait se trouver là au bon moment, le jeune homme en question va attirer les soupçons de tous: grand-père, amis, médecins, policiers…Un film sur le hasard, les circonstances fortuites qui vous enfoncent, les dérapages des Hommes qui sont prêts à verser dans la justice expéditive et aussi une critique de l’administration sourde. Quelques tacles bien placés sur Cuba, un discours universel sur la violence aveugle, le tout servi par un jeu efficace et une mise en scène appropriée. Si ce film n’obtient aucune distinction, je serais plus que surpris. « Déçu » serait le mot adéquat…

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~ par cynic63 sur 05/02/2010.

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