Tout le monde descend!

Tous les ans la nébuleuse noire, tendance bretonne, s’active et unit ses efforts pour une initiative des plus intéressantes: l’édition d’un recueil de nouvelles mêlant, à l’issue d’un concours avec thème imposé, cinq auteurs reconnus et cinq nouveaux venus.

C’est ainsi que la médiathèque de l’IC, la Fureur du Noir et les éditions Terre de Brume nous proposent leur dernière livraison, autour de la thématique du train, qui s’intitule: Tout le monde descend!

Tout d’abord, saluons le travail d’édition car on tient là un ouvrage des plus réussis dans sa forme. Belle couverture, impression impeccable (malgré quelques coquilles orthographiques), notice biographique succincte et concise sur les auteurs représentés. Nous ne reconnaissons jamais assez les qualités du boulot des éditeurs. Une fois n’étant pas coutume, je commence donc par leur rendre hommage.

Ensuite, et c’est là qu’on en arrive à l’essentiel de ce qui fait ce livre: son contenu.

Peut-être parce que le train s’y prête plus facilement que d’autres thème mais on obtient dix textes -et un onzième ajouté en hommage à Patrick Pommier, décédé l’an dernier- qui couvrent un large panel de ce que l’on peut écrire sur le sujet.

De l’employé de bar corail dont la curiosité va finir par lui jouer des tours à la femme seule qui guette l’arrivée des trains en gare et qui va faire une découverte étonnante; des braqueurs malchanceux qui trouvent un bien précaire refuge dans une gare désaffecté au contrôleur amateur de thriller et manipulateur; du retraité des chemins de fer dont l’oreille fine va le mettre sur la piste d’un dangereux psychopathe à l’ouvrier des ateliers qui rumine sa vengeance à l’encontre d’un des jeunes cadres « façon école de commerce » tels que la SNCF en recrute bien trop de nos jours, les sujets sont divers et variés.

On flirte parfois, et même bien plus, avec les limites du fantastique à l’occasion des deux superbes derniers textes de ce volume.

En outre, les styles d’écriture sont différents, sans que cela nuise à la qualité de l’ensemble, les constructions de récit maîtrisées, que l’on ait affaire à des déroulements classiques dans leur linéarité ou à des récits à chronologie inversée ( Laurent Martin et son Train de nuit).

Et puis aussi, on croise des personnages qui, paradoxalement, sont toujours à quai, qui ne partent pas, ou plus, on découvre des gares qui sont autant de lieux d’arrivée que de départ, de véritables voies de garage pour des existences épuisées, comme dans Le signe de Joël Hamm, ou d’unique espoir dans Le retardataire de Lalie Walker.

Mais comme on est dans le Noir, encore une fois dans toutes ses nuances, le voyage est mouvementé. La plus grande partie du temps en tous cas.

Dire qu’il se termine bien, qu’il vaut tous les détours ou autres turpitudes pour le lecteur est un euphémisme. Tous les auteurs, sans aucune exception, contribuent à vous le rendre agréable et digne d’être entrepris.

Si tout le monde descend!, effectivement, une fois le recueil refermé, on referait bien un tour sur un réseau de cette qualité…

Tout le monde descend, recueil de nouvelles de La noiraude et la Fureur du Noir, Editions Terre de Brume/ Collection Granit Noir (2009), 161 pages + annexes diverses

ps: un salut amical à Frédéric Prilleux, coordonnateur de ce projet

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~ par cynic63 sur 05/01/2010.

2 Réponses to “Tout le monde descend!”

  1. Merci pour ce beau billet..

    • De rien. C’était un vrai plaisir de lire ce recueil et d’écrire à son sujet. Du bon travail de votre côté: continuez

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